Hélas, peu de compétiteurs et compétitrices se sont présentés dans le bassin castonétois. « Les raisons en sont multiples », analyse Lauriane Vignoboul, éducatrice au Comité Départemental Handisport : « il y a les nageurs qui nagent pour eux sans esprit de compétition, d’autres qui se sont engagés sur une autre réunion, mais il y a aussi le coté financier, qui est une raison essentielle lors des déplacements et bien sûr il y a ceux qui ne se sentent pas encore prêts pour faire de la compétition… ».

Le départ du 50m nage libre, toujours spectaculaire. ©ADN12

Ce sont donc douze nageurs de Toulouse, Montpellier, Nîmes, Tolosa et Rodez qui ont répondu présents pour la première épreuve de natation handisport organisée en Aveyron. Cela fait désormais partie des trois compétitions régionales organisées sur l’année. Des épreuves axées principalement sur des 100 mètres en quatre nages (nage libre, nage brasse, nage dos et nage papillon). A noter toutefois que pour les handicaps les plus lourds, les épreuves se déroulent sur 50 mètres. Au programme également les longues distances (200m et 400m) et le multinage.

Des qualifications selon le handicap

Classés par catégories de handicap de S1 à S15, pour se qualifier, il fallait remplir deux conditions : accomplir au moins six des sept épreuves proposées et réaliser les minimas. Lauriane Vignoboul explique que les calculs sont assez complexes :

« Celui ou celle qui gagne l’épreuve n’est pas certain d’être premier, le temps est converti en points selon la catégorie de handicap par le biais d’un barème des catégories de handicap »

 

Une réunion dans une ambiance familiale où l’important était de se retrouver, de partager une passion où la gagne, même si elle était bien présente, n’allait jamais au détriment de la convivialité.

Le Comité Départemental s’est lancé dans l’organisation de ces qualifications régionales avec l’appui des dirigeants Héraultais, Gardois et Haut Garonnais, en espérant attirer de futurs adeptes au sein de Villefranche de Rouergue et Handisport Onet-Rodez, les deux clubs phares où handicapés légers et lourds peuvent pratiquer ce sport d’eau.

« Il était important de montrer que la natation handisport existe et se porte bien, même si cela reste encore un peu confidentiel »

 

Les qualifiés

Jean-Baptiste Théron (Onet).© ADN12

Jean-Batiste Théron,(Handisport de Onet-Rodez) en 50m Freestyle

Régional de l’étape, Jean-batiste Théron est licencié au Handisport Onet-Rodez (handicap moteur à la jambe). C’est un habitué des compétitions. Auréolé d’un titre de champion de France en 50 mètres  nage dos en 2017, il décroche également le titre de vice-champion de France de 200 mètres quatre nages. « Ma première motivation est le plaisir d’être dans l’eau, j’adore ça. La compétition est un plus, d’ailleurs je ne suis pas un spécialiste d’une nage, tout me plaît ». Dans la piscine castonétoise, Jean-Batiste n’a pas failli et il représentera l’Aveyron aux prochains championnats de France.

Amélie Cordier (TOAC).©ADN12

Amélie Cordier, (TOAC) en 50m freestyle, 100m freestyle, 400m freestyle, 100m backstroke, 100m breastroke, 100m fly et 200m medley

A 23 ans, Amélie étudie à l’université de sciences. Sourde et muette, elle est une athlète toulousaine accomplie. Elle a intégré l’équipe de France pour les championnats d’Europe et représente une valeur sûre de la natation. Si elle n’a pas de titre à haut niveau, Amélie est connue et reconnue dans les bassins de France surtout sur la « brasse », sa discipline préférée. « J’aime l’eau, c’est un élément qui me correspond. J’ai commencé la compétition voilà cinq ans. Je me suis donné un objectif ambitieux : participer aux Jeux Paralympiques mais je suis encore loin des minimas pour y participer ».

Pierrick Andret (TOAC). ©ADN12

Pierrick Andret, (TOAC) en 50m fly

Pierrick a 27 ans et est originaire de Metz. Il est aujourd’hui toulousain et licencié au TOAC. « J’ai découvert l’eau pendant les vacances avec mes parents. A Toulouse je me suis inscris au TOAC et je fais de la compétition depuis neuf ans » Pierrick travaille aujourd’hui comme ingénieur à Airbus. Handicapé d’un bras, il bosse dur physiquement à raison de trois séances par semaine plus de la musculation. « Ma spécialité c’est la nage papillon, j’ai été champion de France en 2014 ». Pierrick aimerait se préparer pour les Jeux Paralympiques, mais « cela demande plus d’entraînements, consacrer plus de temps à la natation, c’est compliqué car j’ai le travail à coté. Si Airbus pouvait me sponsoriser, cela faciliterait ma préparation… ».