Son lancement officiel aurait dû avoir lieu au parc auvergnat de Vulcania le 26 septembre dernier, mais l’événement avait été annulé en raison du décès de Jacques Chirac. « Notre beurre est tout de même né le jour-même du décès du père d’une certaine agriculture…» plaisante Dominique Barrau, président et membre fondateur de l’Association des Producteurs de Lait de Montagne, qui présente donc le dernier-né de sa gamme : le beurre de baratte 100 % Montagne Mon Lait.

Maintenir l’activité laitière en Montagne

A l’heure du « manger mieux et local », voilà un bel exemple de ce qui se fait dans le Massif Central. L’Association des Producteurs de Lait de Montagne a été créée en 2010 à l’initiative de quatre agriculteurs de Haute-Loire, du Puy de Dôme et d’Aveyron. Dominique Barrau en faisait partie : « c’était juste après la grande crise de 2009 et la réflexion engagée sur la suppression des quotas laitiers. Cela ouvrait la voie à une concurrence internationale qui nous aurait été fatale, car le lait de montagne coût plus cher à produire qu’un lait de plaine…» se souvient-il :

« En tenant compte des cinq AOP d’Auvergne*, seul un quart de la production laitière du Massif Central était valorisé. On a voulu créer une marque « Montagne » qui nous permette justement de nous démarquer »

(*Cantal, Salers, Saint-Nectaire, Fourme d’Ambert, Bleu d’Auvergne)

 

Pari réussi puisque l’association compte aujourd’hui 440 exploitations laitières, dont 130 en Aveyron (le plus gros pourvoyeur), mais aussi dans le Cantal, le Puy-de-Dôme, en Haute-Loire, en Lozère et dans la Creuse.

Dominique Barrau, président et fondateur de l’Association des Producteurs de Lait de Montagne, entouré de Marie-Amélie Viargues et Clément Chayreigues, producteurs laitiers aveyronnais. @ADN12

Des producteurs locaux, propriétaires de leur marque

Ensemble, depuis 2013, ils commercialisent leur lait sous la marque Mont Lait, qu’il distribuent dans tout le Massif Central et les régions limitrophes. « On devrait cette année dépasser les 10 millions de litres de lait vendus » se réjouit Maryline Crouzet, Directrice de l’Association, qui souhaite aller plus loin pour le bien-être des producteurs :

« L’an dernier, on a redistribué 400 000 euros aux producteurs, ce qui correspond environ à 1 000 euros par exploitation. Ça leur assure un 13ème mois, mais on espère faire encore plus … »

 

Pour chaque litre de lait vendu, 10 centimes reviennent à l’association, qui redistribue en grande majorité aux producteurs.

Marie-Amélie Viargues est productrice laitière avec son mari sur la commune de Pruines, dans les Monts de Marcillac. Grâce à l’association, en 2018, elle a encaissé 980 euros pour 400 000 litres de lait fournis. Si la somme peut paraître anecdotique, l’essentiel est ailleurs pour l’agricultrice, qui y voit avant tout une façon « de valoriser notre territoire de montagne, notre manière d’élever nos animaux »… Notamment parce que ce sont les éleveurs eux-mêmes qui assurent la promotion de leurs produits, non sans une certaine fierté :

« On se réapproprie notre produit. On est vraiment acteur du développement de notre marque. Ça permet de renouer le contact avec le consommateur et ça correspond aussi à l’évolution de la demande »

 

Un modèle qui semble en tout cas fonctionner puisque après la brique de lait en 2013 et le fromage à raclette en 2018, l’APLM lance son troisième élément de gamme : le beurre de baratte…

Du beurre local haut-de-gamme

Voilà maintenant trois années que l’association réfléchit à développer une gamme de beurre : « parce qu’on s’est rendu compte que la majorité de la production était industrialisée » explique Dominique Barrau. Il a fallu du temps pour trouver la meilleure formule et débuter la fabrication, qui se fait dans une beurrerie à Auzances en Creuse :

« Le beurre est baratté pendant 24 heures pour conserver les qualités du lait de montagne (Omega 3, acides gras insaturés, antioxydants) et ses arômes particuliers, puissants. Il faut 22 litres de lait pour faire un kilo de beurre de montagne, contre la moitié pour un lait commun…»

 

Le lait de montagne est en effet aujourd’hui reconnu pour ses qualités nutritionnelles, liées à l’alimentation des troupeaux de vaches : le cahier des charges de l’APLM impose à ses éleveurs des surfaces de pâture de plus de 80 %. Les animaux consomment donc en majorité de l’herbe, dans des prairies naturelles à flore diversifiée. Ce qui explique aussi que ce beurre soit un peu plus cher que ces concurrents industriels (prix conseillé : 3 € la plaquette de 250 g).

Le Beurre de Montagne Mont Lait est disponible au supermarché de Sébazac, et sera bientôt disponible en version demi-sel.@ADN12

Pour le moment, le beurre doux de montagne Mont Lait est disponible dans plusieurs supermarchés de la région, dont Leclerc à Sébazac. Sa version demi-sel le rejoindra avant la fin de l’année.