Secouée, l’équipe du « Petit U » n’en a pas perdu son humanité. « On tient à remercier notre patron, il nous a aidés et a voulu nous garder jusqu’au bout », soufflent-il. Un sourire pour « les clients fidèles » de cette épicerie Saint-Affricaine et une pensée pour Vincent Eyrolle, l’ancien bras droit du patron aujourd’hui disparu. Depuis mercredi 27 mars, jour du « placement du magasin en redressement judiciaire », soit une période d’observation de six mois, tous savaient que leur avenir au magasin devenait incertain. 

Mais jusqu’à la date butoir du vendredi 13 septembre, du haut de leur 1, 5, 10 ou même 30 ans d’ancienneté, les chevilles ouvrières de la boutique nourrissaient « l’espoir qu’un repreneur se manifeste ». De Maître Blanc, administrateur judiciaire, ils savent qu’il y a bien eu un candidat pour reprendre l’enseigne « U Express », appelée la SAS Marlaumax, mais « qu’il y avait trop de conditions pour que le projet aboutisse ». A partir de là, « on savait ce qui nous attendait ». 

Un sprint final entre bagarres et mots doux 

La nouvelle est tombée mardi 24 septembre. Une liquidation judiciaire, gérée par la Montpelliéraine Maître Christine Dauverchain, a été ordonnée par le tribunal de commerce de Rodez. « C’était la seule issue », concèdent les employés. « Nous avons demandé à épurer les stocks toute la fin de semaine, avant de fermer les portes vendredi soir. » Traumatisés, un peu plus, par les quelques jours de cohue ponctués de « bagarres et d’agressivité » lors du « 1 acheté, 1 offert » qui a vidé les rayons et acté la fermeture.  

Heureusement, la « famille du Petit U » a aussi ramassé compassion, soutien, gâteaux et fouace de réconfort. « On a reçu des mots très chaleureux, ça fait du bien quand vous avez des rapaces en face de vous. » Et que vous souffrez d’un « manque de soutien de la municipalité ». Officiellement, le contrat des quatorze employés prendra fin vendredi 4 octobre, au motif donc d’un licenciement économique. Date à laquelle ils se lanceront dans de nouvelles aventures, loin de la grande distribution pour certains, mais tous avec le soutien de beaucoup de Saint-Affricains. « Il y avait quelque chose de familial… L’esprit U, c’était notre force, notre marque, et il sera difficile de l’égaler. » 

  • Le gérant de l’enseigne n’a pas répondu à nos sollicitations.