Aveyron. Photofolies : « c’est ici, là bas et ailleurs… »

Lancement ce samedi de la 32ème édition des Photofolies avec des expositions à Rodez, Onet, Decazeville, Salles-la-Source et Villefranche du 5 au 27 octobre. 

Jean Cazelles le créateur des Photofolies explique les magnifiques photos en noir et blanc du finlandais Pentti Sammallahti à la Galerie Foch. @ADN12

En 2002 lors d’un Sommet de la Terre à Johannesburg, notre désormais regretté président Chirac s’indignait :« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs« . Finalement ailleurs n’est pas l’essentiel, mais c’est ce que tout le monde regarde, comme pour conjurer le sort.

Comment représenter « l’ailleurs » ?

Sylvain Lagarde, le président de l’association Photofolies12 évoque une « dialectique de l’éloignement », thème central de cette nouvelle édition avec le triptyque du « ici, là-bas, ailleurs ». Pourtant cet ailleurs ne serait pas juste géographique, mais aussi imaginaire, étrange, inconnu, virtuel…

Les prinicipaux organisateurs encadrent sept des photographes exposants. @ADN12

Où voir les photos ?

Ce thème du « ailleurs » est repris par quatorze photographes aux talents divers et variés.

En galerie Foch c’est le Finlandais Pentti Sammallahti, la star de cette édition, qui sublime le noir et le blanc avec ses chiens et ses corbeaux sur neige, ou ses flamands blancs sur étang noir, la nuit tombée, pour ne citer que cela.

Gwenaël Bollinger sous le kiosque à musique du jardin public privilégie le ruissellement et le jaillissement de l’eau et invite la nature en ville.

Bruno Lasnier jette un froid avec ses photos d’icebergs aux nuances de rose et de bleu, à la beauté fragile en ces temps de réchauffement climatique. Ils s’accrochent aux remparts du palais épiscopal, comme pour se protéger.

Les photos d’Isabelle Piriou ont investi trois squares ruthénois. Elle immortalise les côtes sans fard, avec des constructions banales, loin de l’ultra-urbanisation.

Au sein du musée Denys-Puech, Anouck Durand-Gasselin se demande à quoi rêvent les forêts.

En Galerie Sainte-Catherine ils sont deux à se partager les lieux. Pour Amandine Johannet les contrées sauvages et lointaines se trouvent dans son voisinage, au sein de ce monde agricole qui perdure. Raphaël Lucas privilégie la récolte, et salue la puissance de la terre.

Une photo d’Amandine Johannet afin de symboliser le thème 2019 de Photofolies.@ADN12

Dans la Menuiserie, Gabrielle Duplantier nous décoche ses portraits puissants ou fragiles de femmes ou d’enfants.

Claude Fournié est à Decazeville, dans la galerie Jean-Ségalat, il explore chemins et sentiers, à l’orée des forêts, fragment par fragment.

Jean Cazelles est au cinéma La Strada, l’inventeur des Photofolies, fait fi du numérique, et privilégie un procédé propice aux clairs obscurs et rehauts lumineux : l’argentique.

Sur les murs du village de Salles-la-Source, c’est Jean-Marc Caracci qui nous déclame son « hymne au citoyen magnifique », avec des clichés pris dans 41 capitales européennes.

C’est de Côte d’Ivoire que Edith Roux nous ramène dix-huit œuvres exposées dans l’Atelier Blanc à Villefranche-de-Rouergue. Elle ouvre ici un espace de réflexion sur la décolonisation.

Enfin dans la MJC d’Onet, ce sont deux jeunes aveyronnaises : Marion-Jade et Coline qui ont arpenté 1 500 km dans notre département, à la recherche de lieux atypiques et reculés.