Rodez. La rue Béteille s’habille d’une fresque lumineuse et éphémère

Au 30 de la rue Béteille, à l'angle de la résidence « Les Jardins de Marie » avait lieu cette semaine le vernissage de l’œuvre « Moiré », réalisée dans le cadre du Siècle Soulages. Ce projet porté par Procivis, en partenariat avec l'artiste toulousain Nicolas Delpech, a été retenu suite à l'appel à projets lancé par la mairie ruthénoise.

C'est Nicolas Delpech, artiste plasticien, qui a réalisé la façade en trompe-l'oeil de la rue Béteille. @ADN12

Il ne se passe pas une semaine sans que Rodez ne propose une animation du Siècle Soulages. « Cette fois, c’est la rue Béteille qui est l’objet de toutes les attentions. Une grande fresque éphémère orne la façade sous la signature de l’artiste plasticien, Nicolas Delpech » introduit Jean-Michel Cosson, élu de la ville en charge du patrimoine, en ouverture du vernissage de l’œuvre Moiré.

L’art pour transformer la rue Béteille

La fresque devrait rester à la vue du public jusqu’à la fin de l’année. Dans son intervention, Sarah Vidal, l’adjointe en charge de la culture, a rappelé l’importance de la rue Béteille  : « c’était un lieu de vie essentiel pour les ruthénois, une rue très animée car les commerçants y étaient nombreux. Aujourd’hui, la rue mue et cela passe par l’art et la culture. L’œuvre de Nicolas Delpech interpelle les passants et suscite la curiosité ».

Vernissage de l’oeuvre Moiré de Nicolas Delpech (à gauche) en présence des élus de la ville et du partenaire Procivis Macif Central. @ADN12

Art optique et lignes psychédéliques

Reconnu comme « art optique », le travail de Nicolas Delpech a la particularité de donner à l’angle des deux façades de la bâtisse appartenant à Procivis, un air « penché », une illusion frappante de la route ou du trottoir opposé.

Je souhaitais rendre hommage au maître (Soulages) par la couleur…

Nicolas Delpech explique comment il s’était inspiré du travail de Pierre Soulages pour élaborer son oeuvre sur ordinateur : « Soulages a utilisé beaucoup le bleu klein dans son travail de couleur de façon plus relâché, plus instinctive. J’ai voulu m’en inspirer à la différence que moi je travaille beaucoup sur ordinateur où je prépare mes maquettes. Pour ce projet j’ai travaillé sur les lignes psychédéliques. J’avais quelque chose en tête, le logiciel m’a permis de faire des assemblages de lignes et de couleurs, Des bandes colorées bleues, noires, jaunes et blanches, de différentes tailles, de différentes épaisseurs afin de créer une œuvre hypnotique. ».

Une oeuvre que l’artiste a baptisée Moiré et dont il explique la mise en oeuvre pratique : « sur ce mur j’ai peint couleur par couleur avec de la peinture normale pour extérieur. D’abord au rouleau, j’ai peint le mur en blanc, ensuite avec des bandes de scotch j’ai délimité mes faisceaux selon ma maquette et toujours au rouleau j’ai peint couleur par couleur. ».

Je voulais donner un effet optique c’est pour cela que j’ai fais ma fresque sur un angle de bâtisse afin de mettre le passant devant un trompe-l’œil

Des racines aveyronnaises

Si Nicolas Delpech est né à Toulouse, où il vit toujours, ses grands-parents étaient aveyronnais, de Saint-Félix plus précisément. $

Quand on demande à Nicolas Delpech, de toutes ses œuvres, laquelle lui ressemble le plus, la réponse ne se fait pas attendre : « je pense que c’est l’inverse : c’est moi qui ressemble à mon travail où l’inspiration du moment me transforme et me transporte ». Quant à son œuvre préférée, là aussi sa réponse est sans hésitation : « la dernière, toujours car je vis l’instant présent ».

Nicolas Delpech vient de réaliser un fond de piscine pour un client privé : « une fois la piscine mise en eau, le jeu des formes, grâce aux mouvements de l’eau, est à mon sens du plus bel effet ». Aujourd’hui, l’artiste plasticien se projette déjà sur « un plafond que je vais travailler en collectivité à Toulouse ».

Pour voir le travail de l’artiste, c’est par ici.