Saint-Georges-de-Luzençon. Romain Pujol promène ses « Lapins crétins »

Romain Pujol fait partie de la vingtaine de dessinateurs conviés au festival de bande dessinée Luz’en Bulles, à Saint-Georges-de-Luzençon. Connu pour être l’illustrateur des « Lapins crétins », aux éditions des Deux royaumes, l’Albigeois est également scénariste des livres pour enfants « Avni », chez Milan.

Romain Pujol est originaire d’Albi et vit maintenant à Toulouse.

La bande-dessinée et vous, c’est depuis toujours ? 

J’ai vraiment commencé en 2007, à la création de mon blog. J’étais au lycée, je passais le bac et je voulais créer un site pour avoir un rythme régulier. Les blogs commençaient à émerger, je me suis rendu compte qu’on était beaucoup à faire ça. C’était une niche qui m’a permis de créer le contact avec des auteurs. Jusqu’à avoir une petite communauté, parce que mes dessins faisaient marrer les gens. Puis il y a eu le Festi’blog, à Paris, qui réunit les blogueurs pour rencontrer notre public. J’y ai fait des dédicaces et ce réseau m’a fait trouver les bonnes personnes. 

Puis il y a eu la rencontre avec l’auteur Thitaume, avec qui vous vous lancerez dans l’aventure des « Lapins crétins ». 

Il m’avait contacté pour un projet. C’était déjà un professionnel, il avait été publié dans « Game over », de Midam. Je n’avais pas l’habitude de travailler avec un scénariste, mais il m’a envoyé des histoires qui me faisaient marrer. Du coup, on a travaillé ensemble, on a monté le projet « Matt », qu’on a envoyé à plein d’éditeurs. On a été retenus par Dupuis pour « Le journal de Spirou » qui a finalement dit non. Entre temps, il a eu la possibilité de faire les « Lapins crétins ».

Pas le temps d’être déçus, alors ?  

C’était une tentative. Le développeur de jeux vidéos Ubisoft voulait le faire depuis des années mais ils ne trouvaient personne. Thitaume a passé une sorte de test et comme je dessinais pour lui, je l’ai aidé à monter son dossier. On a finalement été pris tous les deux. Ça a été un tel succès que les éditions Dupuis nous ont relancés, donc on refait le projet « Matt » 8 ans plus tard. On a tous les deux la même sensibilité, il est brillant en termes d’idées et de trouvailles scénaristiques. 

D’autres projets en cours ? 

Il y a « Avni » qui continue, du coup je passe plus de temps à écrire qu’à dessiner.  Le tome 7 sortira en septembre prochain, cette série commence à être bien installée. Je travaille aussi pour les éditions Delcourt, on a un gros projet de bande-dessinée. Je ne peux pas en dire beaucoup mais ce sera l’adaptation d’une chaîne Youtube, il y aura deux albums l’an prochain. J’ai trouvé un collègue toulousain, Horne, avec qui dessiner. On a une façon de travailler différente d’avec Thitaume, on fait des sessions de boulot où on contribue chacun au travail de l’autre. Il y a « Matt » qui reprend donc avec Thitaume. Je co-écris aussi un manga avec mon frère et un autre dessinateur, deux tomes sortiront l’an prochain. C’est une nouvelle aventure, j’y ferai de petites interventions graphiques. Et enfin je suis scénariste pour un fabricant luxembourgeois de figurines et de statuettes de personnages, qui veut se lancer dans ses propres bandes-dessinées. 

Les festivals, à l’image de Luz’en Bulles et de ses grands frères, sont-ils un bon moyen de se faire remarquer des éditeurs lorsqu’on débute ? 

Je pense que les festivals aident toujours à se faire de la publicité, mais le mieux pour moi, ce sont les interventions scolaires. C’est énorme pour tout le monde, on fait notre publicité pendant 1 h 30, les enfants gardent un souvenir de ce passage. A la fin, on dit que plusieurs auteurs seront en dédicace lors du festival. Après, pour se faire connaître, je conseille de montrer son travail sur Internet et si on a du talent, ce sera sans doute repéré. 

Vous allez justement intervenir à l’école du Cernon, vendredi 4 octobre. Qu’est ce que vous allez montrer à ces écoliers ? 

Je vais parler de mon métier, j’aimerais parler dessin parce que c’est le truc merveilleux pour les plus jeunes. Mais j’aimerais aussi leur montrer qu’on peut faire de la bande-dessinée sans savoir dessiner, en étant scénariste, en trouvant des gags. A leur âge ils ne le savent pas, mais ils sont capables de faire des histoires qui pourraient être publiées.

Le programme du week-end 

  • Samedi 5 octobre 

De 10 h 30 à midi, rencontres et dédicaces avec les auteurs.
De 14 h 30 à 18 h, exposition et dédicaces avec les jeunes talents.
De 15 h à 17 h, atelier dessin de « Lapins crétins » avec Romain Pujol.
A 21 h, concert et dessin. Illustrations d’une fresque sur un thème surprise décidé par le président de cette 8e édition, l’artiste Zerriouh, le tout en live avec Trebob, qui jouera de la variété et du rock.
Puis, repas autour d’une brasucade de moules accompagnée de frites. Réservations au 06.43.68.05.69.

  • Dimanche 6 octobre 

De 10 h 30 à 18 h, même programme que la veille.
A 16 h 30, remise des deux prix du tremplin de la bande-dessinée : celui des professionnels et celui du public.
Tout au long du week-end seront projetés des courts métrages d’animation proposés par l’Ecole supérieure des métiers artistiques (Esma). Le dessinateur Daf proposera des caricatures aux visiteurs au prix de 5 €. Une fabrique à magnets sera proposées aux enfants qui pourront y colorier les œuvres des dessinateurs présents. Des coins lecture seront mis en place. 

Une vingtaine d’auteurs prêts à buller : 

  • Zerriouh (Manga-ka) ; 
  • Christophe Adant (Wargall) ;
  • Jean-Luc Garréra (Droi au but !) ;
  • Olivier Tichit (Filou) ;
  • Hugot (La légende des 20 siècles) ;
  • William Maury (Tizombi) ;
  • Jean-Marie Maitre (1/7) ;
  • Laurent Sieurac (Arelate) ;
  • Romain Lemaire (Everdark) ;
  • Juan (Les Seignors) ;
  • Nago (Au Queur des Citadelles) ;
  • Romain Pujol (The lapins crétins)  ;
  • Eric Hubsch (La partie de Boules) ;
  • Maxime Jeune (Couper le Sifflet) ;
  • Camille Albaret (Pâtée pour chat) ;
  • Bérik & Bergèse sont annulés ;
  • La Vache de Kaya (Tartine à Palavas les flots) ;
  • Rius Michel Mic (Le Monde de Damien) ;
  • Manu I ED-H I (La Porte Magique) ;
  • Léo Louis-Honoré (Lisa de la Nasa) ;
  • Pauline Lasmayous.