Causse Comtal. Le retour des brebis, 40 ans après leur disparition

C’est une arrivée qui était très attendue : le retour des brebis sur le Causse Comtal ! Voilà chose faite grâce au Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées, qui vient de réintroduire un troupeau de 40 bêtes sur les 20 hectares de parcelle dont elle est propriétaire.

Agropastoralisme et responsabilité sociale des entreprises

Fabien Delmarès est à la base de ce projet : il occupe la fonction de chef de projet RSE au sein du Crédit Agricole. @ADN12

Objectif : préserver la biodiversité du site, mise en difficulté ces dernières années par la fermeture du paysage. Fabien Delmarès est responsable de ce projet pour le Crédit Agricole, dont il gère la politique de Responsabilité Sociétale et Environnementale :

« Voilà 40 ans qu’on n’avait pas vu de mouton ici, depuis que le Crédit Agricole y avait installé son siège administratif. L’espace s’est fermé, le genévrier a envahi l’espace et la biodiversité a commencé à décliner…On aurait pu tout gyrobroyé mais on a choisi d’agir de façon responsable en réfléchissant aux enjeux environnementaux. »

Des enjeux clairs : un réchauffement climatique accru par le causse, des risques d’incendie et une biodiversité en danger : « on a rassemblé des partenaires pour nous aider à identifier les enjeux en termes de gestion du milieu : la Ligue de Protection des Oiseaux, les conservatoires botaniques et des Espaces Naturels, des associations de protection de la nature, la Fédération des Chasseurs, la Chambre d’Agriculture… ».

Résultat dès 2017, le site révèle la richesse de ses petits habitants : 140 espèces de plantes, dont le Séneçon de Rodez, une plante endémique qu’on trouve exclusivement ici; 49 espèces d’oiseaux, dont l’Oedicnème criard, une espèce en danger qui a eu tendance à déserter le Causse Comtal; et 22 espèces d’orthoptères, dont le criquet des Genévriers.

Etape par étape

Les Terminales STAV du Lycée Agricole la Roque avec leur professeur de zootechnie étudient l’agropastoralisme. @ADN12

Le débroussaillage du site a débuté dès 2018 : « 70 tonnes de genévriers ont été prélevées pour produire de l’huile essentielle bio ». Certains bosquets de plantes ont été préservés pour permettre la nidification des oiseaux et la parcelle a été clôturée : « Une convention a été signée avec le lycée la Roque pour le pâturage des parcelles. Les brebis vont rester jusqu’à mi-novembre avant la mise à bas et reviendront tous les ans. Des vaches viendront également plus tard ».

Le directeur du lycée agricole de La Roque, Jérôme Bourret, y voit une occasion de redorer l’image de l’activité agricole auprès de la population :

« Avec cette opération, on démontre que l’activité agricole est nécessaire au maintien des milieux ouverts. Seule l’activité pastorale en est capable. »

Le troupeau de brebis a été confié par le lycée agricole de La Roque., avant l’arrivée annoncée d’un troupeau de vaches. @ADN12

Un projet sur 5 ans

D’autres opérations sont prévues sur les cinq prochaines années pour poursuivre la sauvegarde de la biodiversité du site et agir pour l’environnement : la rénovation de la station d’épuration qui se trouve sur la parcelle avec une installation de phytoépuration, la mise en place d’un rucher, la rénovation des patrimoines bâtis, le maintien des dolines…

Un bel exemple d’engagement des sociétés privés sur les problématiques environnementales…

Voilà 40 ans que les brebis avaient déserté le site. @ADN12