Rodez. Les communistes lâchent Christian Teyssèdre

L'alliance semble consumée entre le maire Christian Teyssèdre et ses deux élus municipaux communistes, Guy Rouquayrol et Madeleine Puech. DR

A Rodez, le maire sortant Christian Teyssèdre devra faire sans les communistes dans la course aux municipales de 2020. En effet, ces derniers viennent d’annoncer qu’ils mettaient fin à la grande alliance existante à gauche dans la commune préfecture de l’Aveyron. Celle qui avait notamment conduit en 2014 à la victoire de la liste de rassemblement PS-PCF-EELV menée par Christian Teyssèdre. Le PCF avait alors obtenu deux sièges au Conseil Municipal de Rodez, occupés par Madeleine Puech et Guy Rouquayrol.

Ces derniers n’ont manifestement que peu goûté le rapprochement du maire sortant avec le mouvement La République En Marche puisque c’est à la suite de l’annonce de la venue du Président Emmanuel Macron que l’entente s’est fendue. Une rencontre a eu lieu ces derniers jours entre les trois élus locaux, durant laquelle Guy Rouquayrol et Madeleine Puech ont fait part à Christian Teyssèdre de leurs désaccords « sur l’ensemble de la politique menée par le Président de la République qui vient à Rodez pour le lancement de la réforme des retraites, déjà rejetée par une large majorité de Français », avant d’annoncer la fracture de l’alliance des gauches ruthénoises :

« Ce soutien à cette venue remet en cause l’accord à gauche acté en 2001, renouvelé en 2008 et 2014 et marque la rupture du rassemblement à gauche des communistes pour les prochaines municipales. »

Une liste de rassemblement sans Christian Teyssèdre ?

Voilà une annonce qui pimente un peu plus la campagne du scrutin local du mois de mars. Car si les communistes, par la voix de leur secrétaire départementale Corinne Compan, n’entendent pas poursuivre l’alliance avec le maire sortant, ils comptent bien néanmoins peser dans ce scrutin :

« Nous, communistes, ne pouvons soutenir une liste qui prône un rassemblement le plus large qui irait de la droite à la gauche car ce serait oublier les conséquences de la politique mise en œuvre par Macron et relayée par ses larbins locaux dont fait manifestement partie M. Teyssèdre. »

Et d’en appeler aux autres forces de gauche pour « construire à Rodez une autre vision de la politique, en animant le débat démocratique » et en citant pêle-mêle les priorités de leur projet : « des choix économiques, sociaux et environnementaux pour en finir avec les fractures sociales et territoriales : développement de l’emploi de qualité, des services publics, mode de développement durable, de nouveaux droits pour l’éducation, la culture, la santé, la jeunesse ainsi que pour les personnes âgées… ».

Sujet à la mode chez tous les candidats à ce scrutin municipal : la démocratie participative, que le PCF souhaiterait voir se concrétiser par référendums d’initiative locale. Sans oublier le désir de « justice fiscale » :

« Nous proposons donc à toutes les forces de gauche, écologistes ou de progrès, de nous rencontrer afin de débattre et travailler au plus large rassemblement possible, de la gauche à la gauche. »