Villefranche. Il avait violemment insulté les gendarmes pendant plus d’une heure

Interpellé mercredi 18 septembre à Villefranche de Rouergue, un homme de 35 ans a été condamné ce vendredi à 5 ans de prison pour outrages, menaces de mort et violences sur des gendarmes et le personnel hospitalier de la commune. Ce multirécidiviste est désormais interdit de séjour en Aveyron...

Multirécidiviste, l'homme de 35 ans avait déjà été condamné à 29 reprises. ©ADN12

Outrages, menaces de mort, menaces de crimes, violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique…la liste des faits reprochés à cet habitant de Villefranche-de-Rouergue est aussi longue que son casier judiciaire, qui comporte déjà 29 condamnations.

Une arrestation filmée

Ce mercredi 18 septembre, voilà seulement 15 jours que l’accusé de 35 ans est sorti de prison et il a « la haine de la justice, la haine des gendarmes » : « j’ai passé presque 20 ans de ma vie en prison, ça m’a tué » explique-t-il au Tribunal de Rodez, qui le juge ce vendredi 20 septembre sous procédure de comparution immédiate. Ce soir-là, il organise une fête arrosée chez lui et décide d’appeler lui-même les gendarmes à plusieurs reprises, à plus de 3h du matin, pour les prévenir qu’il y aura du bruit et en profiter pour les insulter. Les gendarmes finiront par intervenir une heure après, suite à l’appel d’un riverain. A leur arrivée, la cohue organisée par la famille de l’accusé, issu de la communauté des gens du voyage, les empêche d’intervenir et l’homme en profite pour fuir. Ce n’est qu’à 6 h du matin que les gendarmes, venus cette fois avec des renforts, le cueilleront dans son lit.

Les gendarmes sont équipés d’une caméra embarquée; l’arrestation va donc être filmée et retransmise pendant son procès : un extrait d’une dizaine de minutes qui montre l’homme insulter sans discontinuer les militaires, qui eux restent impassibles. Les insultes proférées sont pourtant d’une vulgarité indescriptible : « fils de pute », « suce-moi », « je vais te niquer ta mère »… Devant le flegme des gendarmes, l’homme en vient aux menaces : « j’ai bien mémorisé vos visages, je vais vous crever », « je vais violer ta mère, ta femme et tes enfants »… Une liste interminable qui va trouver son apogée lorsqu’il évoque le terroriste Mohamed Merah :

« Je suis pareil que Merah. A lui tout seul, il en a buté deux de chez vous, je vais faire pire que lui. c’est moi qui lui ai fourni le calibre. Ça c’est un homme !

Des insultes et des menaces qu’il va poursuivre à son arrivée à l’Hôpital de Villefranche, où il s’en prend cette fois au personnel hospitalier…. Puis vient l’heure des coups donnés à trois gendarmes au moment de sa mise cellule : un coup de tête, un coup de poing et un coup de pied au visage. Ce soir-là, l’homme s’en prend au total à 12 personnes. « C’est un pétage de plomb, commente le prévenu à la barre du tribunal, j’ai disjoncté mais je ne passerai jamais à l’acte »…

29 condamnations

Mais au lendemain de son incarcération, le trentenaire ira même jusqu’à réitérer ses propos : « un jour, je vais tuer un gendarme. Si je prend cinq ans, quand je sors, le gendarme, je le monte en l’air »…

Sa haine des forces de l’ordre, ce père de cinq enfants l’explique lors de son procès : « je leur en veux parce qu’ils n’ont rien fait lorsque mon cousin m’a tiré dessus au mois de mars. Et j’en veux à la justice parce qu’elle ne m’aide pas à me réinsérer ». Des arguments qui font exploser le procureur de la République : « l’affaire avec votre cousin est prise en charge par les gendarmes de Frontignan ! Et concernant votre réinsertion, la justice vous a déjà accordé 12 années de sursis mise à l’épreuve ! Elle a déjà tout essayé ! ».

Depuis 2002, l’homme a déjà été condamné à 29 reprises, en majorité pour des atteintes à personnes : violences, violences en réunion, vols avec violence, outrages, menaces avec arme, rébellion, extorsion… et se trouvait en liberté conditionnelle lors des faits de ce mercredi. La Présidente du Tribunal s’interroge : « Où cela va-t-il s’arrêter ? L’Institution judiciaire a tout essayé et on s’inquiète de votre dangerosité ».

« Rétablir l’ordre public »

Le procureur de la République lui, y voit « le triomphe de la haine » face à un personnel hospitalier et des forces de l’ordre qui doivent travailler dans l’insécurité :

« Les gendarmes subissent une heure trente d’insultes et restent pourtant admirables de dignité et de sang-froid. On les met souvent en cause mais qui est capable de faire ça ! C’est facile de juger de loin, assis dans son fauteuil. »

Estimant la nécessité de « rétablir l’ordre public », il va notamment requérir 5 ans d’emprisonnement et une interdiction de séjour en Aveyron : « comme il est déjà interdit de séjour dans le Lot, on fait pareil et ça déplace le problème » a-t-il ironiquement commenté.

Malgré les protestations de Maitre Françoise Grail, avocate de l’accusé, qui explique que son client, incarcéré depuis l’âge de ses 16 ans, mériterait de bénéficier d’un aménagement de peine « pour être suivi et pris en charge à l’extérieur », il est finalement condamné à 5 ans de prison non aménageables, dont 2 avec sursis et mise à l’épreuve de 5 ans, pendant lesquels il devra travailler, entreprendre des soins et indemniser ses victimes.

Des victimes qui ne sont que cinq à se porter partie civile, et qui recevront entre 200 et 400 euros de dommages et intérêts. Comme demandé par le procureur de la République, l’homme est désormais interdit de séjour dans le département pour les trois prochaines années.