Rodez. Deux journées de Marche pour le Climat cette semaine

Demander une véritable révolution climatique : c'est l'objectif de la mobilisation des lycéens ruthénois ce vendredi 20 septembre, qui seront imités par leurs aînés le lendemain. Deux mouvements qui répondent à l'appel mondial lancé à quelques jours du Sommet des Nations Unies sur le changement climatique.

Les membres du Collectif se sont symboliquement passés une corde au cou, perchés sur des blocs de glace en processus de fonte.@ADN12

Ils veulent « des actes, pas des belles paroles ». 

Alors que les Nations Unies se réunissent pour un Sommet sur le Changement Climatique lundi 23 septembre à New-York, des milliers de mobilisations sont organisées à travers le monde pour peser dans les débats. A Rodez, deux événements auront lieu cette semaine : une journée de mobilisation des lycéens vendredi et une grande marche pour le climat samedi, organisée par le collectif « 12 Ensemble pour le climat ».

Les lycéens en fer de lance

On se souvient de la première mobilisation des lycéens ruthénois en mars dernier, qui avait rassemblé plus de 600 jeunes autour des mêmes mots d’ordre : la lutte contre le réchauffement climatique et des engagements pour l’avenir.

C’est dans ce même esprit qu’ils organisent cette nouvelle journée de mobilisation ce vendredi 20 septembre. Collégiens et lycéens sont invités à se rassembler au kiosque du jardin du Foirail dès 9h : « il y aura une marche puis une opération de ramassage de déchets -« Clean walk »- et des débats pour réfléchir aux actions à mettre en place ». A seulement 14 ans, Lou, élève de Seconde au lycée Foch, fait partie des organisateurs de l’événement :

« L’écologie est un sujet sensible chez les jeunes. Depuis mars, on se réunit chaque mercredi pour mener la mobilisation et voir ce qui peut être fait dans nos établissements pour faire changer les choses. »

Lou explique avoir elle-même été sensibilisée à la question environnementale par ses parents, très engagés au quotidien dans la protection de la planète. Elle espère que cette journée permettra aussi d’accentuer ce qui est déjà mis en place dans les établissements scolaires : «  au lycée Foch par exemple, on s’engage en proposant des repas végétariens chaque semaine, on met en place des hôtels à insectes, des bacs à compost, le tri est encouragé à l’internat…on parle même de mettre en place des « éco-délégués » dans l’établissement ».

Lou est lycéenne à Foch : à 14 ans , elle mène un combat quotidien pour l’avenir de la planète.@ADN12

« Des revendications qui passent par la politique »

Après les lycéens, c’est le collectif 12 Ensemble Pour le Climat qui appelle à participer à la Marche Mondiale pour le Climat prévue ce samedi 21 septembre, comme il l’avait fait lors du premier événement organisé en mars. Cette fois le cortège partira de l’esplanade des Ruthènes à 10h. La douzaine d’associations qui compose le collectif souhaite « faire pression sur les Etats qui participent au Sommet des Nations Unies pour qu’ils prennent la mesure de la crise climatique, des demandes des peuples et de la nécessité d’enclencher une véritable révolution climatique et sociale ». 

Marisol Garcia-Vicente, secrétaire aveyronnaise de la Ligue des Droits de l’Homme, et trois autres membres du collectif ont symboliquement choisi de se hisser sur des blocs de glace et de se passer la corde au cou :

« Si on ne fait rien, Ce n’est pas la planète qui va disparaître, c’est la vie sur la planète ! »

Fonte des glaces, canicules, sécheresses, inondations, incendies, ouragans… : c’est en constatant ce genre de phénomènes que ces citoyens ont voulu participer à la prise de conscience mondiale : « on souhaite une autre organisation du monde, que des sanctions soient prises en cas de non respect des engagements pris à l’ONU, et que des choix politiques soient faits pour trouver les moyens de changer les choses. Ce sont nos impôts, nous avons un droit de regard sur les choix qui sont faits. Quand on voit ce qui est alloué aux dépenses militaires au niveau mondial…on n’est pas d’accord avec cette répartition ».

Autre revendication du collectif 12 Ensemble pour le Climat : la modification de la législation pénale. « Il faut une justice réparatrice et redistributive, explique Marisol Garcia-Vicente, car ce sont les pays les plus pauvres qui sont les plus pénalisés par la crise climatique. Qu’on arrête de parler d’écologie punitive ! On doit introduire la notion d’écocide : à savoir la destruction de ce qui est vital pour exister ». 

Agir localement

Pour le collectif 12 Ensemble pour le Climat, cette marche doit aussi être un rappel aux citoyens que le changement doit aussi passer par des modifications de comportements :

« Manger local, boycotter les grandes surfaces qui importent des produits venus de très loin, privilégier le commerce équitable, mieux se nourrir et stopper la surconsommation »

Des choix individuels qui ne suffiront pas à eux-seuls à inverser la tendance, le collectif en a bien conscience : « c’est pourquoi nous interpellons d’abord les chefs d’Etat, pour qu’ils cessent de vendre les économies locales aux grandes multinationales. Ensuite, on essaiera de peser dans les débats des prochaines élections locales en interpellant les candidats sur leurs programmes écologiques ».

Car selon eux, les politiques locaux ne sont pas forcément les meilleurs élèves quand il s’agit de la question environnementale : « si vous prenez l’arrondissement ruthénois, il y a des projets totalement inutiles et nuisibles : le Parc des Expos est un chantier qui ne déconstruit pas, donc qui ne recycle pas ! La déviation sur le Causse-Comtal est un autre exemple : c’est un massacre ! On détruit des zones humides à l’heure où les surfaces agricoles sont en diminution ! »…