Saint-Affrique. Les pisseurs involontaires vont tester leurs urines

Le groupe saint-affricain invite la population à rejoindre le mouvement des « pisseurs involontaires ». En octobre, ils testeront leurs urines pour y déterminer le taux de glyphosate, avant de porter plainte, entre autre, pour « mise en danger de la vie d’autrui ».

Saint-Affrique. Les pisseurs involontaires vont tester leurs urines
Le groupe saint-affricain espère toucher un maximum de personnes.

Marie Gangneux et Florence Ravaille, toutes les deux militantes associatives et « pisseuses
involontaires de glyphosate » de Saint-Affrique, ont fait tester leurs urines, le 17 juin à Rodez, parmi 60 personnes. Le résultat est sans appel : « La moyenne du groupe est de
1,46 nanogramme de glyphosate par millilitre d’urine, et le plus haut taux, de 3,32 ng/ml », précise Marie Gangneux. « Sachant que dans l’eau potable, ce taux ne doit pas dépasser
0,1 ng/ml », situe Florence Ravaille. Elles espèrent motiver un maximum de citoyens à suivre leur démarche, pour ensuite aller porter plainte.

« Mise en danger de la vie d’autrui, tromperie aggravée et atteinte à l’environnement »

La session de prélèvements d’urines du groupe sud-aveyronnais, au nombre de 30 pour le moment, aura lieu lundi 7 octobre, de 6 h à 9 h, à La Cazotte. « Le but est ensuite d’aller porter plainte auprès du procureur de l’Aveyron et du pôle de santé publique du tribunal de Paris », annonce Marie Gangneux. Une plainte portée collectivement contre l’Etat, et plus largement « contre toute personne impliquée dans la distribution et large diffusion » de ce pesticide, et pour les motifs de « mise en danger de la vie d’autrui », « tromperie aggravée » et « atteinte à l’environnement ».

Ils sont plus de 5.000 à avoir passé cette étape au niveau national,

assure Florence Ravaille. Des chiffres obtenus du groupe ariégeois, qui chapeaute et guide
juridiquement les petits nouveaux comme Saint-Affrique.

Un questionnaire et des actions pour récolter des fonds

Le questionnaire à remplir pour participer est mis à disposition à Biocoop Lou Cussou. « Il demande par exemple si l’on mange bio, nos habitudes de consommation, notre âge, notre
métier, si l’on fait du sport, si l’on est fumeur ou si l’on boit », énumère Marie Gangneux.
Localement, le groupe entreprend des actions pour faire baisser le coût total de l’opération, comme un bal occitan, début août, ou de la location de vaisselle au marché de pays de Saint-Affrique. « Car lorsqu’on fera les analyses, on est tenus d’avoir un huissier de justice », précise Elie James, militant et formateur à La Cazotte. Ce qui ramène la participation financière de chaque participants à 135 €, soit 85 € pour l’analyse et 50 € de frais de justice.

Prochaine date prévue pour s’informer et s’inscrire, vendredi 13 septembre, au cinéma Le Familial, à Saint-Affrique. Dès 20 h 30 sera diffusé le film de la campagne nationale et la démarche sera détaillée au public. L’occasion pour le groupe de rappeler que leur mouvement se veut contre « tous les pesticides en général », précise Elie James. Et qu’elle n’est pas positionnée « contre les agriculteurs, mais pour les aider eux aussi ».

Les « pisseurs », une émanation des « faucheurs volontaires d’OGM »

Au départ, « on avait tous entendu parler de la campagne nationale », retrace Marie Gangneux. Laquelle est née d’un groupe de « faucheurs volontaires d’OGM », dans l’Ariège, qui entendait inciter chacun à faire analyser ses urines pour connaître le taux de glyphosate qu’elles contiennent. En mars dernier, lors de la Semaine pour les alternatives aux pesticides (SPAP), « on a mis en place plusieurs actions pour se lancer », reprend Isabelle Gaillard, gérante de la Biocoop saint-affricaine. Guidés par Christine Thelen, active du groupe ruthénois, les « pisseurs » ont tenu leur première réunion d’information en juin.

Il est possible de se renseigner et impératif de s’inscrire par mail :
campagneglypho12sud@protonmail.com, ou par téléphone au 06.31.32.36.97. Pour ceux qui seraient intéressés par la démarche mais freinés par ce coût, contacter l’équipe.

Une campagne de financement participatif nationale est ouverte. Prochain rendez-vous vendredi 13 septembre pour une soirée d’information au Familial, à 20h30.