Millau. Urgences : La grève continue

Aujourd’hui à 17h15, devant l’entrée du service des urgences de l’hôpital de Millau, une cinquantaine de personnes se sont mobilisées à l’appel de la CGT Santé Action Sociale pour marquer leur désapprobation suite aux annonces faites par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

« Seulement les agents qui ne travaillent pas », fait remarquer un aide-soignant, en soulignant que lors des mouvements de grève, le personnel nécessaire au bon fonctionnement du service était automatiquement réquisitionné.

« Comme au niveau national, on alerte les usagers et la population sur la santé de l’hôpital en général, fait remarquer le praticien. Et je pense que le mouvement va s’amplifier aussi sur les autres services… »

Au niveau des demandes, les promesses d’Agnès Buzyn sont balayées d’un revers de main. Réouverture de lits, hausse des salaires et recrutement de personnel, autant de sujets que la ministre n’a pas évoqués dans son enveloppe de 750 M€ redéployée pour les services des urgences, et qui sont pourtant au cœur des revendications nationales.

Corinne Mora, déléguée syndicale CGT, ne veut pas « cautionner une santé à deux vitesses, uniquement abordable pour les riches ».

« Il y en a assez d’être corvéable »

« L’ensemble des missions actuelles est accompli grâce au surinvestissement et à la remarquable conscience professionnelle dont nous faisons preuve, 24h sur 24, 365 jours sur 365, et plus encore en temps de crise comme c’est le cas actuellement. Les cadences de travail infernales font fi des temps de repos, des congés, dans un contexte de manque de lits en aval, conséquences des fermetures et de nombreuses restructurations en cours. Il y en a assez d’être corvéable, serviable et malléable à souhait ! », a déclaré au micro Corinne Mora, déléguée syndicale CGT, face à l’assemblée, en dénonçant « la détérioration de nos conditions d’exercice au quotidien ».

Des Gilets jaunes de Millau ont rejoint les rangs des grévistes.

« La CGT exige la hausse de l’Objectif National des Dépenses d’Assurances Maladie qui doit progresser au moins à 5% (…). Nous ne voulons plus subir les économies faites sur le dos de la Santé ! », a-t-elle continué.

Rendez-vous sur le marché de Millau

Avant de demander « l’effacement de la dette des établissements et la suppression de la taxe sur les salaires, impôt injuste, qui représente à lui seul environ 4 milliards d’euros qui pourraient être utilisés immédiatement pour créer environ 100.000 emplois, pour répondre dans un premier temp de manière urgente à la revendication des 10.000 postes nécessaires aux services des urgences, des 40.000 postes nécessaires au sein des EHPAD et les 50.000 postes restants, pour les nécessités dans les différents établissements de psychiatrie, d’MCO (Médecine chirurgie obstétrique) et de l’Action Sociale. »

« Localement, ici à Millau, on revendique aussi des heures supplémentaires d’ASH (Agent Service Hospitalier) et d’aides-soignants, et une réorganisation en amont avec les médecins de ville », rappelle aussi un agent gréviste. Une pétition a été lancée au début du mouvement, et devrait être remise au député Arnaud Viala. En attendant, des actions sont prévues sur le marché de Millau.