Les députés LREM Anne Blanc et Stéphane Mazars le savent : leur groupe part « d’une page blanche » dans ce scrutin municipal puisque le mouvement fondé par Emmanuel Macron n’avait pas d’existence au moment des dernières élections de 2014. À six mois du premier tour, il y a donc du pain sur la planche pour espérer présenter des listes candidates et pourquoi pas célébrer la prise de premiers bastions municipaux…

Construire un ancrage local

Le fonctionnement du mouvement lui-même rend difficile la quantification de ses partisans : pas d’adhésion, pas de carte de membre, pas de Quartier Général… restent les Comités Locaux, au nombre de sept (Rodez, Millau, Villefranche de Rouergue, Espalion, Decazeville, Onet le Château et Saint-Affrique). « Il y a 10 à 20 membres totalement impliqués dans chacun de ces comités »  assure le nouveau référent de LREM Aveyron, Jean-François Rousset, qui veut croire en l’existence « d’un socle de citoyens macron-compatibles » dans le département. Les aveyronnais avaient en effet placé Nathalie Loiseau en tête des européennes de mai dernier avec 24 % des suffrages, confirmant la tendance des élections précédentes : « 73 % au deuxième tour des présidentielles, 39 % aux législatives… la base est là. A nous de la renforcer pour solliciter des engagements et accompagner les candidatures… ».

Les députés Stéphane Mazars et Anne Blanc entourant le nouveau référent LREM  pour l’Aveyron, Jean-François Rousset.@ADN12

Un enthousiasme évidemment partagé par Stéphane Mazars, élu avec 46% des voix sur la première circonscription :

 

On ne se mesure qu’à l’aune des résultats et ils sont encourageants. Il est inenvisageable par exemple de ne pas présenter de candidat à Rodez, Millau ou Villefranche ! Nos idées correspondent à la sociologie du département.

Investiture ou soutien

L’objectif est donc clairement énoncé : présenter au moins trois listes étiquetées LREM à Rodez et ses sous-préfectures. Pas d’annonce en revanche sur qui mènera ces candidatures : « ce seront des personnes qui croient en nos valeurs et s’engagent à nos côtés » précise Stéphane Mazars. Les candidats devront de toute façon être approuvés par la Commission Nationale d’Investiture.

Pour les 282 autres communes du département, une Commission Départementale d’Investiture a été créée : « on nous a reproché notre manque d’ancrage local. A nous de le construire ! Cette Commission va permettre de rassembler tous ceux qui adhèrent à notre Charte, et de les faire bénéficier d’un accompagnement, qu’ils choisissent ou non l’investiture ». En clair, des listes pourraient disposer du soutien LREM sans en avoir l’étiquette.

Mener un travail de terrain

« On veut rester dans une gestion souple, explique la députée Anne Blancici les référents ne sont pas des secrétaires de parti; ils n’ont pas autorité sur les autres membres du mouvement ». Il faudra pourtant durement ferrailler pour constituer des listes éligibles.

Pour repérer les candidats potentiellement compatibles, LREM a donc créé la République Ensemble : une association pilotée localement par deux jeunes référents, Francis Castry et Yolène Pagès : « nous allons aller à la rencontre du réseau de sympathisants existants pour leur donner envie de s’impliquer plus solidement, en leur montrant qu’ils sont légitimes pour occuper des mandats locaux, en leur proposant un accompagnement et des formations… ». Cibles privilégiées : les jeunes et surtout les femmes qui pourraient représenter la moitié des marcheurs… avec un message qui s’adresse surtout à la population non encartée, comme depuis le début du mouvement :

On s’ouvre aux personnes non politisées, aux citoyens qui veulent apporter quelque chose avec leurs compétences. Celles qui partagent nos valeurs mais n’ont pas les codes.

Si vous vous sentez concernés par cet appel, LREM a mis à disposition une messagerie pour recueillir les dossiers de candidatures : cdi12@en-marche.fr