Decazeville. Un homme de 58 ans condamné pour harcèlement sexuel

Les faits remontent à l'année dernière. Durant plusieurs semaines, une habitante de Decazeville avait subi le harcèlement de son voisin de quartier. Envoi de lettres et magazines osés, appels et messages téléphoniques, coups de sonnette et gestes déplacés... L'homme a été condamné ce mercredi par le tribunal correctionnel de Rodez.

@ADN12

Le harcèlement n’a duré que quelques semaines mais la liste des faits reprochés est bien longue…

Un poil de l’accusé dans une enveloppe

Des lettres d’abord, qui vont rapidement comporter des propos érotiques; des magazines et des livres à connotation sexuelle qui seront glissés dans la boîte aux lettres de la voisine, un poil de l’accusé envoyé dans un courrier… mais aussi des appels et messages téléphoniques répétés, des coups à la porte et des rencontres « fortuites » que la victime ressent comme un « envahissement ».

« Est-ce que vous vous êtes rendu compte de l’impact psychologique que ça pouvait avoir sur elle ? » interroge la présidente du tribunal, qui rappelle « l’escalade » dans les faits commis, « quand vous lui envoyez textuellement des documents intitulés « dans le cul de la voisine » ?! Etes-vous obnubilé par le sexe ? ». Des questions auxquelles l’accusé répond de façon parfois incohérente, parfois contradictoire :

Je ne suis pas obsédé par le sexe mais par la littérature. Je lui envoyais le magazine Casse Roles : c’est plus féministe et anarchiste que sexuel ! C’était un jeu pour moi : je voulais me moquer du fait qu’elle se rapproche du Front National car ça ne me plaisait pas, et en même temps j’espérais me rapprocher d’elle pour m’en faire une amie…

L’accusé explique avoir traversé un épisode dépressif et avoir éprouvé des sentiments amoureux pour sa victime : « ça remonte à 1991. A l’époque nous avions flirté ensemble sur La Petite Fille du Soleil. Je ne l’avais pas revue depuis… ». 

Expertise psychiatrique

Une version qui fait bondir l’avocate de la victime :  » C’est totalement faux ! Ma cliente serait ahurie d’entendre ça ! Elle ne connaît pas du tout ce monsieur, si ce n’est de vue parce qu’ils sont voisins ! « , lance-t’elle avant de s’adresser à l’accusé :

Ce n’est pas un jeu, c’est du harcèlement monsieur. Vous étiez le seul à jouer. Ça a envahi la vie de ma cliente. Imaginez ce que ça fait de recevoir un poil de vous dans une enveloppe, vos messages, vos magazines qui parlent de viols ! C’est terrorisant !

Et d’interroger sur l’expertise psychiatrique de l’accusé –« bâclée », selon elle– : « le rapport nous dit qu’il n’y avait pas d’altération du discernement mais on peut se poser la question quand on entend les propos décousus de ce monsieur « . L’homme est en effet suivi par un hôpital psychiatrique.

Obligation de soins

Si les faits ont cessé dès le dépôt de plainte de la victime, l’homme ne semble pourtant pas totalement réaliser la gravité de ses agissements. C’est pourquoi, comme le procureur l’avait demandé, le Tribunal prononce une peine de prison avec sursis de 3 mois avec une période de mise à l’épreuve de 2 ans durant lesquels le coupable devra se faire soigner et aura interdiction d’entrer en contact avec sa victime. Il lui versera par ailleurs une somme de 1 000 euros de dédommagement.