Budget raboté pour la rentrée de l’ADDEAR Aveyron

Cette association qui aide les agriculteurs à s’installer, a vu son financement de l’Etat coupé de 40%. Les premiers touchés : les nouveaux exploitants cherchant à développer l’agriculture paysanne, en opposition avec l’agriculture conventionnelle, de plus en plus contestée.

Budget raboté pour la rentrée de l'ADDEAR Aveyron
Les membres de l'ADDEAR à la Maison des Paysans à Olemps

Créée en 1992 et comptant cinq membres salariés, l’ADDEAR (Associations pour le développement de l’emploi agricole et rural) a pour but d’accompagner sur tout le département et de A à Z les agriculteurs dans leur projet de reprise d’exploitation : aides à l’installation, maîtrise des outils de production, accompagnement à l’émergence, formations techniques, transmission de ferme…

De l’idée à l’installation et même après, nous accompagnons les exploitants dans toutes les étapes du projet, quel qu’il soit et quelle que soit la durée nécessaire. Certains prennent un an, d’autre sept, ce sont des cas individuels à chaque fois. On répond à un réel besoin d’accompagnement spécifique et on se distingue de la Chambre agricole qui n’accueille qu’à certaines étapes du projet, et à certaines conditions.

explique Nerea Ngfok, une animatrice salariée. Présente sur 12 départements en Occitanie, l’association encourage l’agriculture paysanne, respectueuse de l’environnement. En 2017, l’ADDEAR Aveyron accompagnait 200 exploitants, puis 255 en 2018, « ce qui représente ¼ des installations globales en Aveyron », précise Edith Goubert, retraitée et administratrice dans l’association qui a elle-même transmis sa ferme en dehors du cadre familial. Et la transmission, c’est justement un autre gros morceau de l’objectif de l’association : « Laisser sa ferme, ce n’est pas évident, donc l’ADDEAR a conçu un accompagnement spécifique, collectif et individuel ainsi que des interventions d’un psychologue pour accompagner et appréhender le concept de transmission. » Ce rôle d’accompagnement est d’autant plus important que lorsqu’une ferme meurt, les voisins se divisent bien souvent les terrains, augmentant les surfaces exploitables, ce qui amène à l’agriculture intensive, polluante et destructrice de sites naturels (arbre, haies…).

L’association reconnue par la région et par l’Etat tire une partie de son financement de l’AITA, une aide gouvernementale qui finance l’accompagnement à la transmission et la sensibilisation à cet accompagnement sur tout le territoire. C’est donc cette partie du budget de l’association qui a été rabotée de 40%, passant ainsi d’un budget de 40000 à 23000€ pour cette rentrée 2019. Ces 40% partiront en faveur de la Chambre de l’agriculture de l’Aveyron qui a plutôt tendance à pousser l’installation aidée et l’agriculture conventionnelle plutôt qu’à la transmission de fermes et l’agriculture paysanne. Détail important : la FNSEA y est le syndicat lragement majoritaire à 55%. « Il y a un vrai manque d’égalité de traitement dans les financements entre les syndicats majoritaires et les autres », dénonce Théo Boutrelle, le co-porte parole de la Confédération Paysanne qui soutient les initiatives de l’ADDEAR. « D’autant qu’il y a une recrudescence de l’intérêt des consommateurs pour ce type d’agriculture, bio, locale et à taille humaine. » rajoute Edith.

Sur ce sujet, la préfère Catherine Sarlandie de la Robertie a été interpellée par l’association.

« Elle s’aligne sur le discours de la DRAF (Direction Régionale de l’Agriculture et de la Forêt) mais nous aimerions la rencontrer pour la sensibiliser sur cette question. On est soutenus par l’élue Anne Blanc, mais il y a un non-sens entre le discours politique de l’Etat et ce type de rabotage des financements »

déplore Théo Boutrelle.

Vous pouvez retrouver et soutenir les actions de l’ADDEAR lors de la soirée-débat sur l’agriculture paysanne qui aura lieu à la salle des fêtes de Rignac, jeudi 19 septembre à 20h30, à l’initiative de l’association Rencontres Citoyennes.