Menaces au couteau à Millau : 5 mois fermes pour le compagnon jaloux

Un homme de 36 ans était jugé ce mardi après-midi au Tribunal Correctionnel de Rodez. Il a été condamné pour menaces avec arme et dégradation. Des faits qui se sont déroulés jeudi dernier à Millau et qui lui ont valu d'être présenté sous procédure de comparution immédiate.

L'accusé devait être jugé en comparution immédiate ce mercredi au tribunal correctionnel de Rodez. @ADN12

C’est une banale histoire de jalousie amoureuse qui était jugée cet après-midi au tribunal de Rodez. L’accusé est un homme de 36 ans qui vit avec sa compagne dans un camping-car dans le sud Aveyron, entre Millau et Saint-Affrique. Le couple cohabite depuis plus de deux ans. Aucun ne travaille et ensemble ils ont l’habitude de s’alcooliser.

« Je vais te chopper, tu finiras la gueule en sang »

L’histoire dégénère au mois de juin quand la jeune femme décide de quitter son compagnon après une énième dispute. La séparation ne dure que trois jours mais elle trouve refuge chez un autre homme qui l’héberge dans son appartement à Millau.

Elle est revenue après trois jours sans donner de nouvelle en m’expliquant qu’elle avait eu des relations sexuelles avec cet homme. J’ai eu du mal à encaisser…

L’accusé, à la barre du tribunal de Rodez

S’en suit une dizaine de jours durant lesquels l’accusé ne va pas s’en prendre à sa compagne mais à l’homme qui selon lui « a profité d’elle, de sa faiblesse, de son état alcoolique« . Il n’y a pas de rencontre physique mais des menaces par textos : « je vais venir te chopper », « tu finiras la gueule en sang », « je vais te casser la gueule »

L’alcool en toile de fond

Les échanges de textos s’arrêtent rapidement mais les événements vont prendre une autre tournure ce jeudi 22 août, lorsque la jeune femme décide de partir une seconde fois. « Nous avions bu au moins deux litres de rosé et nous nous sommes disputés. J’ai pensé qu’elle était retourné chez lui » explique l’accusé qui ne se souvient plus très bien des circonstances qui l’ont mené au domicile de son rival.

Il est près de 23 heures ce soir-là quand il se présente au domicile de sa victime, un couteau de cuisine à la main. Fortement alcoolisé, il tente de défoncer la porte de l’appartement à coups de pied avant qu’on ne lui ouvre. A l’intérieur, ce n’est pas l’homme à qui il reproche d’avoir eu des relations sexuelles avec sa compagne mais le beau-père de celui-ci. Ce dernier parvient à le désarmer et à le maîtriser avant de prévenir les forces de Police qui arriveront rapidement pour l’interpeller et le placer en garde-à-vue.

« Le pire a été évité »

« Je voulais lui faire peur » explique l’accusé, qui dit ne pas comprendre ce qui lui est passé par la tête ce soir-là. Même son de cloche chez son avocat : « Mon client est un homme honnête et qui ne fuit pas ses responsabilités. Il n’est pas violent. D’ailleurs, sa compagne en témoigne dans une lettre. Le problème, c’est l’alcool ».

Ancien toxicomane, l’homme a reporté son addiction sur la boisson. Le lendemain de son arrestation, il présente encore un taux d’1 gramme d’alcool par litre de sang.

C’est une expédition qui heureusement ne se termine pas dans le sang. Que ce serait-il passé si la victime s’était trouvée dans l’appartement au moment de votre arrivée ?

Le président du tribunal de Rodez

Mandat de dépôt

Si les pistes de tentative d’assassinat et menaces de mort avait été évoquées au début de l’enquête, l’homme est finalement condamné pour dégradation et menaces de délit avec arme. Déjà condamné à six reprises par le passé pour des faits d’outrages, d’usage de stupéfiants et conduite en état d’ébriété, l’homme se trouvait en période de sursis mise à l’épreuve.

Il écope de 5 mois de prison fermes assortis d’une interdiction de détenir une arme pendant cinq ans. En outre, il devra verser 300 euros de dommages et intérêts au beau-père de son rival et 600 euros au propriétaire de l’appartement pour la réparation de la porte. Son rival, lui, a décidé de ne pas se constituer partie civile. Il avoue pourtant « avoir du mal à dormir » depuis cette intrusion.