Millau. La médaille de l’Assemblée nationale pour Bernard Maury

Samedi 24 août, à l’issue de la commémoration au Mémorial du Lévézou, une petite réception était organisée à l’Espace Jean-Henri Fabre de Saint-Léons. Il se murmurait qu’une décoration allait être remise, mais personne ne savait à qui, tellement le « secret défense » avait été bien gardé. C’est alors que le député Arnaud Viala a appelé le colonel Bernard Maury.

« Je sais que ces derniers jours tu as tout fait pour savoir quelle était cette décoration que nous avions décidé de décerner aujourd’hui et dont les détails t’avaient été savamment cachés alors même que c’est toi qui supervises l’organisation de la cérémonie, a-t-il déclaré en prenant le micro. Je sais aussi que tu as surement passé en revue tous les possibles, sans penser qu’il pouvait s’agir de toi. C’est normal, car tu ne cherches pas à paraitre en première ligne, normal aussi, car il faut dire que tu as déjà à ton actif le nec plus ultra de la médaille et de la décoration : Légion d’honneur, Mérite national, Médaille de la Défense nationale. Qu’est-ce qu’on pourrait faire de plus ? »

Beaucoup d’émotion pour Bernard Maury, ici en compagnie de son épouse, Luzia.

Bernard Maury a en effet effectué un parcours particulièrement remarquable au sein de la gendarmerie qui l’a conduit à vivre des épisodes particulièrement marquants, comme les événements de 68. Pour ce colonel à la retraite, l’engagement militaire n’a pas été qu’une fonction. « Il est une façon d’être, un art de vivre, une rigueur toute naturelle qui se ressent à ton contact, surtout si on a le malheur d’être un peu en retard à un rendez-vous, ou pire, de faire une entorse au protocole », a souri Arnaud Viala. 

Pugnacité et persévérance

Pour ce parcours qui l’a emmené en Corse, en Nouvelle-Calédonie, à Tahiti et ailleurs, il a déjà reçu la reconnaissance nationale. Lors de la retraite venue, il a mis cette expérience au service des Millavois et du Sud-Aveyron, et il s’est engagé de différentes manières dans le domaine public et dans le monde combattant, où il a notamment présidé le Comité d’Entente des Anciens Combattants de Millau.

« Tu as réussi à fédérer, à nous réunir, à faire de ce lieu un haut lieu de la mémoire sud-aveyronnaise »

« Si j’ai souhaité faire ce clin d’œil ce matin, c’est pour deux raisons, a continué le député de la troisième circonscription. Tout d’abord, et en particulier, parce que nous te devons le Mémorial du Lévézou. J’ai eu l’occasion de le dire lors de l’inauguration, mais je le répète ici, ta pugnacité et ta persévérance n’ont eu d’égal que ton souci du détail. Je me souviens des années de discussions que tu as menées sans relâche, pour que nous parvenions à rassembler ces stèles, parfois en manifestant du mécontentement, mais sans jamais imaginer vraiment abandonner. Tu as réussi à fédérer, à nous réunir, à faire de ce lieu un haut lieu de la mémoire sud-aveyronnaise et à rendre le rendez-vous de la commémoration incontournable. Je t’en remercie du fond du cœur en notre nom à tous. Ma deuxième motivation est plus personnelle et intime, c’est l’amitié que tu me témoignes depuis des années, dans nos engagements, dans nos convictions, dans nos valeurs communes. Cette amitié, elle est précieuse à mes yeux, elle est faite d’une grande franchise, et aussi de beaucoup de pudeur. C’est pour cela que je m’arrêterai là en te disant que j’en mesure l’importance et t’en sais infiniment gré. »

Bernard Maury en compagnie de Claude Assier, premier adjoint à la mairie de Millau.

A noter que si la Médaille de l’Assemblée nationale est une médaille remise à chaque député français en début de législature, celle remise à Bernard Maury n’a cependant pas un caractère officiel. En effet, certains députés offrent à des individus qu’ils souhaitent mettre à l’honneur, une médaille similaire éditée par la boutique de l’Assemblée nationale. S’il s’agit d’un cadeau et non d’une décoration, l’émotion n’en est pas moindre.

« Beaucoup d’émotions me traversent le corps et l’esprit, a déclaré Bernard Maury, visiblement très ému. Merci pour cette médaille dont je mesure l’honneur qui m’est fait. »