L’international Joël Abati à Saint-Affrique

L’expérience du très haut niveau, combiné à l’approche mentale, avec Joël Abati, les jeunes sont entre de bonnes mains. ©Le Progrès

« Tout ce que j’ai appris, j’ai plaisir à le redonner »

Du 21 au 26 juillet, le sol du gymnase des 12-Etoiles a été foulé par un grand nom du handball, Joël Abati. L’ancien international français, au palmarès ravageur (champion Olympique, double Champion du Monde, Champion d’Europe…) a choisi Saint-Affrique pour organiser un stage de jeunes. L’information est passée inaperçue. Pourtant, à Saint-Affrique, ville où le handball se porte bien, la venue de Joël Abati est un sacré événement. C’est en toute discrétion que l’international français* a posé ses valises, avec son équipe de coaches, animateurs et coordinateur, pour encadrer un stage destiné à des joueurs de 10 à 17 ans. Une cinquantaine de jeunes sont donc venus de toute la France, pour bénéficier des enseignements précieux et pertinents de celui qui se passionne désormais pour la transmission.

Voilà neuf ans que Joël Abati organise des stages de ce genre plusieurs fois par an, dans des villes différentes. Et pour la première fois à Saint-Affrique. « Tout ce qu’on m’a appris, j’ai plaisir à le redonner », insiste l’ancien international, qui met un point d’honneur à se rendre disponible pour les jeunes pousses qui lui font confiance :

Je suis tout le temps avec eux, je mange des brocolis comme eux, s’amuse le coach. Je n’ai aucun privilège, je me mets à leur niveau. J’estime que tout l’intérêt d’un stage comme celui-là, c’est qu’ils me côtoient, qu’ils me posent toutes les questions
qu’ils veulent.

Il suffit d’assister à un entraînement pour vérifier que l’engagement de Joël Abati et de son équipe est total. Il règne sur le terrain une ambiance  chaleureuse, complice… et rigoureuse. Les jeunes sont là pour découvrir la saveur du haut niveau, avec son lot de plaisir mais aussi d’exigence. « Ils vont peut-être réaliser que ce n’est pas facile de réussir dans le sport. Qu’il faut avant tout travailler, et faire preuve de persévérance. Alors pendant ce stage, les journées sont intenses, avec un programme conçu comme pour des professionnels. »

Lever à 7 h, petit déjeuner, et la journée démarre : deux entrainements, et des matches filmés et décortiqués le lendemain matin lors de la séance d’analyse vidéo. Au bord du terrain, l’ambiance est à son comble. Joël Abati harangue ses joueurs, les rassure, les pousse à se dépasser, « et vit chaque match comme si c’était une finale olympique », confie l’un de ses collaborateurs.

Leadership sportif et citoyen

Pour Joël Abati, l’essentiel n’est pas de fabriquer des champions, mais de faire des joueurs heureux. « Ils ne deviendront pas tous professionnels, mais l’essentiel est de se dépasser dans la durée, et de prendre du plaisir à jouer. » Pour atteindre cet objectif, « le mental et la confiance sont les leviers  incontournables dans l’évolution du sport », estime le joueur. Des convictions qui l’ont conduit à rajouter une corde à son arc, en devenant préparateur  mental. Il accompagne notamment l’équipe de France de billard :

Ma mission, c’est de décupler le potentiel des joueurs. Je suis là pour qu’ils découvrent qu’ils sont tous à leur façon extraordinaire, sportivement et humainement. Ce sont des valeurs qui me portent, au-delà du cadre sportif. Quand un jeune ou un adulte est en confiance, qu’on l’aide à mieux se connaître, à comprendre ce qui le met en action et le motive, alors il s’engage, il s’implique, il avance. 

La notion de performance prend alors un autres sens. Joël Abati ne sélectionne pas « les meilleurs ». Dans ses stages, le niveau des joueurs est hétérogène, et il en fait une force et une source d’enseignement:

On apprend tous les uns des autres. Les plus forts doivent savoir montrer la voie aux autres, favoriser l’entraide. Je suis plus exigeant avec eux d’ailleurs. Je les incite à se donner les moyens de prouver qu’ils sont des leaders, en aidant les copains, en motivant une équipe, en étant exemplaire sur le terrain. C’est ça un vrai leader. Il a pour mission de faire progresser les gens qui sont autour de lui, parce qu’au final, tout le monde y gagne. Ca vaut pour le sport, mais aussi pour la vie en société…

Joël Abati commence le handball sur son île natale de La Martinique. Après un passage dans plusieurs clubs de la métropole (Levallois SC, USM Gagny, US Créteil) il signe dans le club allemand du SC Magdebourg, avec lequel il remporte le titre de champion d’Allemagne (2001) et la Ligue des champions (2002). En 2007, il retrouve le championnat de France avec le Montpellier agglomération handball (MAH), et rajoute à son palmarès les titres de champion de France, de double vainqueur de la coupe de France, et remporte une deuxième Ligue des champions. Au niveau national, Joël Abati comptabilise plus de 200 sélections en équipe de France entre 1997 et 2009, et devient champion du monde (2001 et 2009), d’Europe (2006) et olympique (Pékin 2008).

À Saint-Affrique, le tourisme sportif a le vent en poupe

Après le stage du club d’athlétisme de Neuilly-sur-Marne en avril dernier, des projets des stages de natation, de rugby et de football, et l’accueil de l’incontournable Challenge VaquerinSaint-Affrique serait-elle en train de devenir un lieu dédié aux préparations sportives ? C’est en tout cas le souhait du complexe hôtelier Cap Vert, qui depuis plusieurs années mise sur cet axe stratégique :

Grâce aux infrastructures et équipements sportifs mis à disposition par la ville et la communauté de communes, nous pouvons proposer des prestations clés en main pour les clubs. Nous avons des hébergements variés adaptés à toutes les bourses, la restauration self-service convient bien à ce type de clientèle,

détaille Christine Cusset, responsable hébergement et commercial pour les groupes à Cap Vert.
Une dynamique soutenue par la municipalité, « qui facilite l’accès aux différents équipements comme la piscine, la salle d’escalade, et qui fait tout pour que le séjour des sportifs soit le plus agréable et confortable possible », souligne Laurent Tabutin, le directeur général des services de la ville.

Une cinquantaine de jeunes sont venus à Saint-Affrique pour suivre un stage dirigé par l’ancien international de handball, Joël Abati.

« Saint-Affrique, pourquoi ne pas aller plus loin ? »

« J’étais déjà venu jouer à Saint-Affrique avec Montpellier, se rappelle Joël Abati, l’ancien joueur de l’équipe de France de handball. Je trouvais que pour une petite ville comme ça, les infrastructures étaient intéressantes. » À l’époque, le sol du gymnase posait problème, mais la mairie a fait les travaux  nécessaires. Ce qui a permis à Joël Abati de proposer un stage à Saint-Affrique.

Ca permet surtout aux stagiaires de découvrir les territoires, de sortir des grandes villes, et de profiter d’un cadre agréable et convivial. On découvre une ville sympathique, les baignades dans la rivière, les enfants sont contents. On va discuter avec la mairie pour voir si on peut pérenniser l’aventure, et aller peut-être plus loin l’an prochain dans une forme de partenariat, avec la ville et le club de handball,

promet l’entraîneur. Une nouvelle qui devrait en ravir plus d’un…