Rodez. Ils se rassemblent pour soutenir le personnel des urgences en grève

Une trentaine de personnes s'est rassemblée devant l'hôpital de Rodez ce jeudi 25 juillet. ©ADN12

Cinq rassemblements simultanés devant chacun des cinq services d’urgences du département en grève depuis plusieurs semaines : ça s’est passé ce jeudi après-midi. A Rodez, ils étaient une petite trentaine à avoir répondu à l’appel du syndicat CGT.

Objectif : montrer que la population soutient le mouvement de grève entamé depuis près d’un mois au sein du service des urgences de l’hôpital de Rodez. Un appel lancé par le syndicat CGT et relayé par FO et la CFDT. Si le personnel compte 100 % de grévistes, ils n’étaient qu’une poignée à avoir répondu à l’invitation : militants syndicats, représentants du personnel et gilets jaunes.

L’affaire de tous

Peu d’usagers avaient fait le déplacement, le Secrétaire de l’Union Locale de la CGT le reconnait : « on sait que 90% de la population nous soutient. Après il est difficile de la faire se déplacer, surtout à cette période. C’est aussi le but du mouvement d’aujourd’hui : alerter sur la situation de nos urgences et sensibiliser les usagers à la nécessité de changer les choses » explique Didier Pons.

Des représentants du mouvement des Gilets Jaunes avaient également fait le déplacement pour soutenir le personnel en grève et l’hôpital public en général : « ça fait partie de nos revendications, détaille Roland, il faut sauver le service public pour ne pas aller ensuite vers des cliniques privées ». Même son de cloche pour Anne, elle aussi Gilet Jaune : « on sait que le personnel hospitalier est en difficulté et les patients en pâtissent. C’est notre futur qui est en jeu, celui de nos enfants. L’hôpital, les urgences : on en a tous besoin un jour ou l’autre ».

Les discussions s’engagent : « mon fils a attendu 6 heures pour se faire recoudre ! », « moi 7 heures la semaine dernière pour une urgence ! »… Les brancards dans le couloir, c’est le quotidien d’Alexandre Guillemeinot, porte-parole du personnel gréviste : « il n’est pas rare de voir des patients attendre 24 heures avant d’être soignés… Le personnel est surmené : on nous rappelle sur nos jours de congé, on ne peut pas prendre de vacances… au final il y a un mal-être et ça comporte forcément des risques dans la prise en charge. »

Des discussions avec la Direction locale

Des discussions ont été engagées localement avec la Direction de l’hôpital et Alexandre Guilleminot s’en félicite : « ce sont des négociations qui portent sur du personnel supplémentaire. C’est positif et constructif. Après on sait que les restrictions budgétaires ont été décidées au niveau national donc on sait que c’est au gouvernement d’agir. »

C’est justement ce que demandent les grévistes au niveau national : que le gouvernement redonne des moyens aux hôpitaux pour assurer un service de soin cohérent.