Il fait usage de faux billets de 100 € dans les commerces de Millau

L'affaire a été jugée en comparution immédiate ce mardi 23 juillet. ©ADN12

Âge de 58 ans, un homme originaire de la banlieue de Grenoble vient d’être écroué après avoir fait usage de faux billets, notamment à Millau.

« Vous êtes un professionnel. » Le président du tribunal, Hervé Olivier, loin de vouloir féliciter le prévenu du jour, constatait le scénario mené par cet homme de 58 ans, originaire de la banlieue de Grenoble. Ce dernier faisait l’objet d’une comparution immédiate ce mardi 23 juillet pour des faits d’escroquerie de faux chèques et de faux billets. Et il n’en est pas à son coup d’essai. Il avait déjà été condamné en 2003 pour des faits similaires qui font écho à ceux d’aujourd’hui car il a repris contact avec les mêmes protagonistes pour commettre les chefs d’accusation qui lui sont reprochés aujourd’hui. 

À Millau, « par hasard »

Il s’est procuré un chéquier volé dans un bar de Romans-sur-Isère avant de se rendre à Lyon pour acheter de faux billets de 100 €. Les premiers chèques ont été dépensé dès le mois de février avec lesquels le prévenu s’est acheté du vin qu’il a revendu ou des vêtements en cuir. Avant de se rendre, le 19 juillet, à Millau « par hasard ». Il explique avoir voulu se rendre dans le Sud et en roulant il a eu l’envie soudaine de voir le viaduc. 

Mais après sa visite « touristique », il s’est rendu dans plusieurs commerces de Millau où il a acheté plusieurs biens à faible valeur avec des billets de 100 €. Il était également doté d’une fausse plaque d’immatriculation pour tromper les commerçants. « Vous étiez gagnant sur toute la ligne. La marchandise et l’argent », lui assène le président. Si la supercherie a fonctionné à multiples reprises, il a été interpellé le jour même après avoir été dénoncé. « Pensez-vous que les Aveyronnais sont crédules ? Qu’on est des paysans ? Pourquoi n’avez-vous pas fait ça près de chez vous ? », lui demande le vice-procureur de la République, Cherif Chabbi.

À la barre du tribunal, le prévenu confie avoir commis ces actes pour rembourser différentes dettes (amendes, frais de justice…) de l’ordre de 54 000 €. Avant de s’attarder sur ses soucis de santé qui lui ont coûté son métier. Et d’indiquer avoir mis sa maison en vente, chiffrée à 400 000 €, pour éponger tout cela. Mais en attendant de trouver un acquéreur, il a décidé de faire usage de faux pour « calmer » l’huissier qui lui mettait « la pression ».

Des explications qui ont laissé songeur les magistrats et le ministère public qui voient en cet homme, un « escroc professionnel ».

Trois ans de prison ferme

C’est d’ailleurs sur ce point que le ministère public s’est attardé en reprenant en détail le scénario. « Nous sommes face à un dossier qui présente toutes les caractéristiques d’une escroquerie professionnelle. » Le trajet entre Grenoble et Millau a également interrogé. Le ministère public n’y voit pas de hasard. Et imagine même qu’une « multitudes d’autres victimes » existent. Devant l’ensemble de ces faits le parquet requiert 40 mois d’emprisonnement assortis d’un mandat de dépôt. Il écopera de 36 mois de prison et le tribunal décernera un mandat de dépôt à son encontre.