Rodez. « Battages » une vidéo danse dans la lignée des films « Farrebique » et « Biquefarre »

Fanny Gombert en compagnie de Gérard Archier de l'Escloupeto lors de la présentation. ©ADN12

La compagnie Les Boraldes proposait la projection d’une vidéo de danse intitulée « Battages » samedi 20 juillet, au cinéma CGR de Rodez dans le cadre des matinées de l’Estivada.

Il y a trois ans, une idée un peu floue au début a germé dans l’esprit de la danseuse ruthénoise Fanny Gombert, à la vision d’une scène du célèbre film documentaire aveyronnais « Farrebique » du réalisateur Georges Rouquier :

Une scène de quelques secondes, dans laquelle des hommes dans un café se lèvent et se mettent à danser spontanément a profondément marqué à la fois ma fibre aveyronnaise, et mon esprit de danseuse.

Fanny avait été touchée par ses soirées de moissons où, comme à Goutrens dans ce film du milieu des années 40, les paysans dansaient spontanément la bourrée au son des cabrettes et des accordéons. C’est peut-être cela qui s’était inscrit dans ses gènes de rouergate, la poussant à intégrer gamine l’école de danse de Dominique Jean, avant d’intégrer dès l’adolescence quelques prestigieuses compagnies comme la Martha Graham Dance Company de New-York, ou encore l’Opéra Bastille pour ne citer que ces deux. La danse est une discipline universelle, et quels que soient l’époque, l’endroit et la manière de l’exercer, elle génère partout les mêmes émotions corporelles.   

J’avais besoin d’établir un lien entre ces pratiques culturelles ancrées dans la société de l’époque, et la danse contemporaine que je pratique. Il fallait retrouver comme à l’époque la joie et la spontanéité de l’accomplissement de la danse traditionnelle, et la transposer à aujourd’hui .

L’Escloupeto entre dans la danse

Fanny contacte alors le groupe folklorique l’Escloupeto, et se montre suffisamment persuasive pour convaincre l’ensemble de la suivre dans son projet en gestation. Ce sera une vidéo de danse tournée dans un lieu historique des environs s’il en est : le Prieuré du Sauvage. Inspiré par cette œuvre, le romancier Roger Béteille écrit :

Battages, vidéo-danse, suggère, crée une authentique fusion entre danse ancestrale et chorégraphie contemporaine. Il suffit de rapprocher, de recomposer selon une esthétique d’aujourd’hui les rythmes à trois temps, les figures des corps et les pulsions des voix en joie de danser. Battages scénarise cette permanence de l’émotion et du plaisir, face à une beauté intemporelle, à travers des yeux d’enfants, émerveillés maintenant comme autrefois par l’ivresse d’une communion de la musique et des pas.

Et c’est bien au travers de la vision innocente d’un enfant, Sylvain Lalanne que ce court-métrage se construit dans la douceur et la poésie, mélangeant danses et époques différentes, dans un cocktail léger et enivrant à la fois. Un tournage réalisé en octobre dernier pour un rendu de cinq minutes en suspension. Une collaboration enrichissante entre l’Escloupeto et les deux danseurs modernes que sont Fanny Gombert et Gaël Alamargot, chacun apprenant de l’autre, jusqu’à l’osmose.

Fanny envisage déjà une suite à cette saga, après cinq semaines de création, sept mois d’écriture, de montage et de production, elle devrait être projetée dès l’été prochain à Rodez.

Georges Rouquier et les paysans danseurs du milieu du siècle dernier peuvent dormir tranquille, le flambeau de leur passion continue à se transmettre dans nos contrées.

Durant cette matinée, un film américain de Martin Ritt de 1972 sur la crise économique des années 30 en Louisiane, en version originale anglaise et sous-titré en occitan, était diffusé dans ce cadre de l’Estivada.  

 

Idée originale et chorégraphie : Fanny Gombert
Réalisation : Quentin Herlemont
Composition originale : Zephyr Perrier
Scénographie : Soplo
Danseurs : Groupe de danse traditionnelle L’Escloupeto, Gaël Alamargot, Fanny Gombert
Le petit garçon : Sylvain Lalanne