Onet-le-Château. Les élus exigent le respect des engagements pris par Bosch

Agnès Pannier-Runacher salue Christian Teyssèdre lors de sa visite en février dernier, sur le site de Bosch. En second plan, Heiko Carrie. ©ADN12

Ce lundi, le Premier ministre Édouard Philippe a émis un avis favorable concernant le lancement de l’étude des vignettes Crit’air 1 à destination des véhicules diesel de dernière génération. Les élus locaux, parlementaires et organisations syndicales étaient reçus ce matin par la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher.

Un élan d’espoir après l’annonce du Premier ministre Édouard Philippe, lundi 24 juin ? Trop tôt pour le dire. Ce dernier a donné son feu vert pour le lancement d’une étude scientifique sur les véhicules diesel de dernière génération. Qui pourrait permettre l’attribution des vignettes Crit’air 1. Pour Yannick Anglarès, du syndicat CGT Bosch, c’est « une bonne nouvelle tardive. Cette étude aurait du être réalisée bien en amont des annonces gouvernementales concernant la motorisation diesel. On n’en serait peut-être pas là aujourd’hui… »

Des délais trop longs

À la suite de ces annonces, une rencontre avait lieu, à Bercy, ce mardi 25 juin, entre la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher et les élus locaux, Christian Teyssèdre et Jean-Philippe Keroslian, le sénateur Alain Marc, les trois députés, Stéphane Mazars, Anne Blanc, Arnaud Viala et les représentants des trois organisations syndicales de Bosch Rodez.

La secrétaire d’État leur a annoncé que l’étude serait lancée au mois de juillet pour un compte-rendu fin décembre. Des délais jugés trop longs par les syndicats. « On a demandé à avoir les résultats dès le mois d’août ou début septembre. » Si Agnès Pannier-Runacher en a pris note, elle ne semblait pas confiante à l’énoncé de la demande formulée par les organisations syndicales.

Le flou persiste

L’autre point évoqué a été celui de l’accord de transition signé avec la direction de Bosch. La secrétaire d’État a noté que les résultats du site castonétois étaient bien en deçà des objectifs prévus par l’accord.  Un constat qui a fait réagir Christian Teyssèdre et Jean-Philippe Keroslian via un communiqué : « Le directeur Bosch France (Heiko Carrie) a indiqué que 100 emplois pourraient être créés à fin 2021, 170 à fin 2023, ce qui laisse mal augurer du devenir des emplois en écart : retraite anticipée ? Le flou persiste. À l’heure actuelle, la direction du groupe n’est pas en phase avec ses engagements de mars 2018. Par ailleurs, le directeur Bosch France a évoqué la possibilité de voir réduire de – 515 le nombre d’emplois localement consacrés à la filière diesel, si les ventes continuent de régresser. »

Avant d’indiquer que « face à des propos aussi peu constructifs de la part d’un groupe en excellente santé financière, les élus, les représentants syndicaux mais aussi Mme Pannier Runacher, secrétaire d’État, ont exigé du groupe Bosch le respect de ses engagements et mis ses dirigeants face à leurs contradictions ».

Rencontre à Stuttgart

Cette semaine qualifiée de « déterminante » par les organisations syndicales, laisse pour le moment « un goût d’inachevé et ne lève pas les doutes sur la pérennité du site à moyen terme », indiquent Christian Teyssèdre et Jean-Philippe Keroslian.

Ce mercredi 26 juin, les représentants du personnel se rendent à Stuttgart (Allemagne) pour y rencontrer la direction. L’emploi et l’avenir du site seront discutés. À l’issue de cette réunion, un point sera effectué avec les salariés du site castonétois qui tiennent une assemblée générale jeudi matin. De là, ils décideront des suites à donner.