Saint-Affrique. Emmanuelle Gazel se frotte aux problèmes de recrutement des professionnels locaux

Une quarantaine de personnes étaient présentes au Caveau, lundi 17 juin.

Alors que la vice-présidente de Région organisait une rencontre territoriale au Caveau de Saint-Affrique, lundi 17 juin, plusieurs citoyens lui ont exposé leurs difficultés à recruter.

Philippe Jousserand s’est lancé dans l’agriculture avec sa femme, il y a quelques années au Viala-du-Pas-de-Jaux. Ils gèrent un atelier de lait caprin bio et un élevage de chevaux. Maintenant que son activité se développe, le couple a la volonté d’employer et de former des jeunes. Lundi 17 juin au Caveau, il est venu exposer ses galères de recrutement à la rencontre territoriale organisée par Emmanuelle Gazel, vice-présidente de Région en charge de la formation et de l’emploi.

On est stupéfaits du public que l’on a en face de nous, déballe le professionnel. Le niveau est très faible. Il y a un phénomène de remplissage des formations sans résultat et nous, on jette l’éponge. Les jeunes et les moins jeunes qu’on reçoit n’ont pas de niveau. » En 7 ans, Philippe Jousserand a tenté l’expérience avec 35 personnes. Seules quatre sont capables de faire ce métier.

Aaron Stefaniak, artisan couvreur à Saint-Affrique, prend la relève avec un témoignage similaire. « On a du mal à trouver des apprentis. Je suis obligé de freiner le travail pour y faire face parce que j’y arrive plus. On travaille 7 jours sur 7 et on n’a plus du tout de jeunes qui veulent s’intéresser au bâtiment. »

Ce que vous évoquez est central, répond Emmanuelle Gazel. On a 15.000 offres d’emploi non pourvues en Occitanie. La Région est volontariste pour changer cette situation. On met l’accent sur les CAP, BEP et Bac pro. En Sud-Aveyron, nous avons 680 personnes formées chaque année. Sur le recrutement, on vient de lancer une nouvelle offre de service Ressources humaines (RH) pour accompagner les entreprises à mieux structurer leurs besoins en ressources, mieux les anticiper. Je la présenterai dans les locaux de Millau Grands Causses le 21 juin. 

Le problème viendrait surtout d’après elle « de l’orientation ». Le lendemain de cette rencontre, Philippe Jousserand expliquait avoir « pris rendez-vous avec Emmanuelle Gazel pour en parler dans le détail. » Selon lui, « maintenant, la vice-présidente a besoin de rentrer dans plus de concret, de sortir des grands calculs qu’on veut bien lui prêter ». « Même s’il y a certaines choses qui sont faites dont je n’étais pas au courant, contrebalance-t-il. Mon problème de fond c’est que notre argent, celui qui finance les formations, est totalement inefficace. Il y a trop de formations, dans trop d’établissements, sans résultat. » Le message est passé.