La Chambre des Métiers et de l’Artisanat de l’Aveyron dresse le bilan 2018 et relève les nouveaux défis

La présidente Christine Sahuet ouvre l'assemblée générale. ©ADN12

Mercredi 19 juin, la Chambre des Métiers a organisé son assemblée générale annuelle dans ses locaux de Rodez à la zone de Cantaranne, en présence de nombreux acteurs politiques et économiques du département. A l’ordre du jour, le bilan de l’activité artisanale aveyronnaise en 2018, et des différentes missions de la Chambre des Métiers. Mais aussi une réflexion sur les défis futurs et l’impact des nouvelles réformes de l’apprentissage et de la régionalisation des Chambres des Métiers.

L’artisanat, première entreprise de France… Un slogan particulièrement vrai en Aveyron : 7.147 entreprises artisanales en 2018 contre 6.050 en 2010 pour plus de 12.500 salariés. Ceci place l’Aveyron au-dessus de la moyenne régionale de l’Occitanie : il compte 256 entreprises pour 10.000 habitants contre 243 en Occitanie. Cette implantation est très présente sur l’ensemble du département puisque seules trois communes sur les 286 que compte le département n’ont pas d’artisans.

Cet « esprit d’entreprendre » est ainsi, selon la Préfète Catherine de La Robertie, l’un des principaux atouts de l’Aveyron. Il conduit à une bonne attractivité de celui-ci, et une situation de plein emploi qui existe dans certains bassins d’activité du département.

Catherine de la Robertie, Préfète de l
Le sénateur Jean-Claude Luche rappelle que la réussite dans l’artisanat est « une affaire d’initiative, d’ambition et de courage » et qu’il faut souvent « se lever tôt et se coucher tard ». Cette vitalité de l’artisanat aveyronnais est pour lui un motif de plus de « donner envie d’Aveyron ».

Cela a été le cas notamment lors des journées « L’Aveyron recrute », opération de « jobdating » organisée à Paris pour recruter de nouveaux salariés pour les entreprises aveyronnaises, où la Chambre des Métiers était présente. Jean-Claude Luche rappelle l’existence du label « Fabriqué en Aveyron » décerné à 400 entreprises aveyronnaises selon un cahier des charges très strict et visant à faire connaître l’excellence des productions aveyronnaises dans de nombreux domaines artisanaux.

Plus de 900 apprenants au Campus des Métiers de l’Artisanat

Avec une augmentation de 8 % d’apprenants depuis 2015, le Campus des Métiers rassemble ces apprenants autour de 40 formations, du CAP à la licence professionnelle, avec un maximum de douze élèves par classe. Plusieurs domaines pour ces formations : hôtellerie-restauration, coiffure-esthétique, mécanique-carrosserie, bâtiment-bois, alimentation-vente. Et d’excellents chiffres : 83 % de réussite aux examens et un taux d’insertion professionnelle de 80 %.

De nouvelles formations sont créées à la rentrée 2019 : CAP de maintenance des bâtiments collectifs, un CAP charcutier traiteur, et un Brevet professionnel Arts du service et commercialisation en restauration. Les formations intègrent des formations en anglais ou en français langue étrangère, notamment pour des allophones. L’ouverture européenne a lieu via les programmes ERASMUS notamment avec la Lettonie ou la République tchèque.

Le Campus des Métiers a désormais un nouveau directeur, Jean-Michel Orlhac, précédemment chef d’établissement du Lycée professionnel L’Ostal de Montastruc la Conseillère.

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La Chambre des Métiers, au service des artisans

La Chambre des Métiers a aussi pour mission « d’accompagner, conseiller et développer » les entreprises aveyronnaises. Elle aide ainsi à la création d’entreprises (407 porteurs de projets et 36 jeunes entreprises sont ainsi suivis.)

Elle accompagne aussi la cession et la transmission d’entreprises avec 66 cédants accompagnés et 129 repreneurs informés. Les mises en contact ont lieu par des logiciels spécialisés ou plus généralistes comme Le Bon Coin. La Chambre des Métiers accompagne le développement d’entreprises (transition numérique, mise en conformité accessibilité). Cela comprend aussi le conseil aux entreprises en difficulté et concerne 103 entreprises en 2018. Elle aide au développement durable par l’attribution du label Eco-défis pour 41 entreprises.

Plusieurs activités de promotion des activités artisanales sont en outre organisées : marque « Alim’en terre d’Aveyron » pour promouvoir les spécialités alimentaires locales et des circuits courts, concours thématique sur la lumière pour les métiers d’art en 2019 dans le cadre du Siècle Soulages, opération « Artisan d’un jour » , immersion dans le quotidien d’un chef d’entreprise artisanale…)

Après une situation déficitaire, la Chambre des Métiers est désormais bénéficiaire en 2018 à hauteur de 34.240 euros. L’occasion pour la présidente Christine Sahuet d’assurer : « cela peut paraître modeste comme résultat, mais cela prouve que nous sommes sur la bonne voie ».

Perdre l’esprit aveyronnais ?

Avec la création de la région Occitanie, la Chambre des Métiers de l’Aveyron est confrontée à la régionalisation de son activité. Elle sera ainsi régionale pour les treize départements et une simple antenne existera désormais en Aveyron.

Une régionalisation qui crée bien des inquiétudes… Aussi, Christine Sahuet relève que « la mutualisation des services entraîne un changement profond des missions des personnels avec moins d’autonomie » et craint de perdre « l’esprit aveyronnais dans le travail », auquel elle est attachée. « La création d’une Chambre des Métiers régionale a pour effet du coup de vider les territoires ruraux de leurs cadres. »

Jean-Claude Luche la rejoint dans cette inquiétude et déplore  « l’éloignement des centres de décisions des lieux d’actions ». Il assure ainsi que le vécu des artisans aveyronnais est « bien loin des problématiques de la Haute-Garonne. »

Cette régionalisation devrait être achevée en 2021, mais ouvre une « période complexe » pour cet organisme.

Jean-Claude Luche, sénateur de l
Une inquiétude de plus pour la Chambre des Métiers

La loi « Choisir son avenir professionnel » ouvre les formations d’apprentissage à des acteurs privés et réforme les modes de financement de l’apprentissage. Les décrets d’application sont donc particulièrement scrutés par les dirigeants des Chambres des Métiers. Christine Sahuet souligne : « Je ne voudrais pas que seule la loi du marché soit l’arbitre dans le domaine de la formation. » Un communiqué de presse national a d’ailleurs été diffusé pour obtenir une égalité de prise en charge des formations avec les opérateurs privés.

La Chambre des Métiers en assemblée générale.

Mais la présidente tient à rester optimiste et à « faire en sorte que ces réformes deviennent vraiment une opportunité » pour la Chambre des Métiers…