Aveyron. La FBTP12 dénonce « le matraquage du gouvernement » sur le BTP

Daniel Druilhet, président, et Pierre-Henry Noyer, trésorier, montent au créneau pour défendre leurs acquis. ©ADN12

Lundi après-midi, Daniel Druilhet, président de la Fédération Bâtiment et Travaux Publics de l’Aveyron, convoquait la presse afin de dénoncer « un matraquage du gouvernement sur le BTP ».

« Après avoir traversé 10 ans de crise et perdu plus de 150.000 emplois salariés, le secteur du BTP en France compte encore, aujourd’hui, 1.300.000 salariés et revient aux embauches (+ 36.500 sur un an). Le gouvernement, le chef de l’état et la majorité présidentielle ne voient pas les choses ainsi. »

C’est un ras-le-bol qui enfle dans ce secteur. Aussi, le président Daniel Druilhet et le trésorier Pierre-Henri Noyer sont montés au créneau.

Le bilan des nouvelles mesures est qu’après avoir amputé en 2018 le pouvoir d’achat des jeunes accédant à la propriété en milieu rural (baisse de la quotité de 40 à 20%), après avoir réduit le bénéfice du Crédit d’Impôt Transition Énergétique et avoir annoncé un nouveau rognage budgétaire du CITE mâtiné d’une pseudo justification sociale, le gouvernement remet le couvert avec deux mesures spécialement destructrices pour le BTP. L’augmentation du GNR (gazole non routier dit  »rouge ») et suppression pour les employeurs et les salariés du BTP de « l’abattement de 10% »

« L’objectif du gouvernement est de supprimer le GNR »

S’agissant du GNR, carburant utilisé par les engins de chantier, « l’objectif est de le remplacer par du gazole classique ». La différence entre le gazole routier et le GNR était d’environ 50 centimes le litre. La tentative d’alignement représentait un coût supplémentaire pour une entreprise locale de 9 salariés de 2500 € / an et pour une entreprise de travaux publics de 40 salariés de 115.000 € / an. « En France, explique Daniel Druilhet, l’impact de la hausse sur les BTP représente près de 770 millions d’€ de perte. Une catastrophe pour les BTP ruraux tels que le notre qui sortent très affaibli de la crise et peinent à remonter les prix. »

La suppression du Gazole Non Routier (GNR) générera une explosion des vols de carburants sur les chantiers, car il ne sera plus identifiable (actuellement de couleur rouge).

La suppression annoncée de l’abattement de 10 % « privera les salariés de chantier de 2 % de leur salaire net (augmentation des charges) et alourdira celles du patronat (1,350 Md’€) ».

« Le gouvernement s’acharne sur les employeurs et le BTP en particulier »

« Après une augmentation de la cotisation patronale pour la maladie, après avoir sollicité la contribution des entreprises au pouvoir d’achat en 2019 avec la prime Macron (479 € en moyenne), le gouvernement s’acharne sur les employeurs et le BTP en particulier », martèle le président de FBTP 12.

Avec ces deux mesures, « il s’agit d’une approche exclusivement comptable dont le gouvernement espère de grosses rentrées, car le BTP a beaucoup d’engins et parce qu’il est un gros employeur de main d’œuvre ».

Mais nous l’avertissons que nous serons obligés de répercuter ses augmentations sur les factures de nos clients publics et privés. Cela va se traduire forcément par moins de travaux et moins d’emplois.

Un courrier en ce sens a été envoyé à la députée LREM de l’Aveyron Anne Blanc, lui rappelant que cela concerne pour l’Aveyron, 6.200 salariés et 1.300 entreprises…