Aveyron. L’appel des entreprises de travaux publics aux élus : « Ne vous abstenez pas d’agir ! »

La Fédération du Bâtiment et des Travaux Publics alerte les élus avant les élections municipales. ©ADN12

Au siège de BTP Aveyron, Jérôme Crouzet, vice-président FBTP12 en charge des travaux publics, entouré d’Eric Fourgeaud et Julien Dec pour Routes de France, Thierry Farrugia pour Canalisateurs, Thierry Roboam pour FBTP Occitanie, Arnaud Turlan et Frédéric Richard pour Génie électrique, a annoncé aller au contact des maires aveyronnais à l’instar des autres départements de la région afin de les sensibiliser sur les ralentissements de l’activité inévitable en période électorale.

Les élections municipales approchent et les responsables des secteurs du bâtiment et travaux publics font le constat qu’en cette période, le ralentissement des projets pousse les six secteurs (industrie routière, génie civil, canalisation, réseaux électriques, terrassement et réparation et renforcement de structures) à revoir à la baisse leur activité.

Chiffres clés et conjoncture

Fortes de 131 établissements en Aveyron, soit 1656 salariés et 189 intérimaires, les entreprises de travaux publics présentent un chiffre d’affaires de 190 M€ liés à 61 % de la commande publique. Et c’est bien là la difficulté pour les entreprises de se projeter sur la période électorale, les maires étant assez frileux quant à leur propre devenir.

Pourtant, les entreprises montrent un regain de productivité depuis 2018 et se disent en pleine phase de recrutement. « Les entreprises départementales affichent un besoin en recrutement, toutes spécialités confondues, de l’ouvrier au personnel d’encadrement », précise Jérôme Crouzet, ajoutant qu’en Aveyron, « le faible taux de chômage complique le recrutement ».

L’année 2020 laisse entrevoir une baisse d’activité et par conséquent de l’inquiétude pour la santé des entreprises et de l’emploi local.

Si globalement, sur l’ex Midi-Pyrénées, l’activité est bonne, le message reste alarmiste quant au futur à moyen terme. « Une baisse des carnets de commandes est à prévoir, notamment pour les travaux routiers qui représentent 38 % de l’activité globale des travaux publics », souligne Eric Fourgeaud.

La période des élections, un creux pour les carnets de commandes

Les élus en place et les élus en devenir freinent leur engagement. Tous les projets de mandature se terminent fin 2019. Les inaugurations des grands projets structurants vont avoir lieu sur le second semestre, aussi le message des entreprises envers les élus est clair :

Élections municipales, messieurs les élus ne vous abstenez pas d’agir

C’est l’opération mise en place par les fédérations départementale et régionale. Aller à la rencontre des maires, leur présenter la brochure qui rappelle qu’en 2014, lors des élections, l’impact a été terrible pour le secteur travaux publics : 30 entreprises défaillantes, 1000 emplois perdus, 87 % des entreprises avaient un carnet inférieur à 6 mois, 23 % en moins d’appels d’offres.

« Des chiffres qui interpellent, car les entreprises sont liées pour 70 % à la commande publique », explique le vice-président FBTP12, Jérôme Crouzet. Et de poursuivre : « Sur les trois dernières élections municipales, les élections engendrent 10 % de moins de chiffres d’affaires sur l’année des élections et 15 % sur l’année qui suit les élections.­ »

« C’est pour cela qu’il faut agir alors qu’il est encore temps en alertant nos élus », assure Thierry Roboam pour FBTP Occitanie et de préciser les leviers pour anticiper :

Des travaux d’entretien renforcés : Durant le mandat municipal, la priorité est donnée aux projets de mandat, parfois au détriment des travaux d’entretien. « Le temps électoral peut être l’occasion de relancer ces travaux d’entretien et de lisser l’activité ».

Des maîtres d’ouvrage qui se relaient : Mettre autour d’une table l’ensemble des acteurs publics pour une articulation de la programmation des travaux afin de décloisonner les activités et éviter les « trous d’air ».

Des impacts limités : Les projets de mandat sont souvent urbains et impactent le quotidien du citoyen. Avec une politique de transfert de zone, au niveau des ZAC, l’activité pourrait se poursuivre.

Des budgets anticipés : Le vote du budget se fait traditionnellement entre mars et avril. « C’est un handicap pour nos entreprises, c’est pourquoi nous appelons à une anticipation du vote des budgets pour la continuité de notre activité et une programmation sur plusieurs années ».