Aveyron. « L’artisanat n’est pas le parent pauvre »

Christian Druilhe a accueilli au sein de sa boulangerie le député Stéphane Mazars et la présidente de la CMA, Christine Sahuet. ©ADN12

À l’occasion de la Semaine de l’artisanat, du 3 au 9 juin, le député de la première circonscription, Stéphane Mazars a enfilé le tablier de boulanger. Christine Sahuet, présidente de la Chambre des métiers et de l’artisanat était également présente.

Dès 5 h, ce vendredi 7 juin, Stéphane Mazars, député de la première circonscription a mis la main à la pâte à l’occasion de la Semaine de l’artisanat. Après s’être mis dans la peau d’un apprenti boucher, l’an passé, il était cette fois-ci aux fourneaux de la boulangerie Druilhe dans le centre-ville de Rodez. Il a donc pu découvrir les coulisses de la fabrication du pain et des diverses pâtisseries aux côté des professionnels et apprentis.

80 % de chance de trouver un emploi

Pour le député, l’idée était justement de venir dans une entreprise « où un apprenti était présent pour mettre en lumière les bienfaits de l’apprentissage. Aujourd’hui, un jeune qui s’y engage a 80 % de chance de trouver un emploi dans un délai de sept mois qui suit la fin de sa formation. C’est une filière d’excellence pour trouver du travail. » Et de rappeler la loi « avenir professionnel » votée et promulguée en septembre dernier « qui améliore la condition des apprentis puisqu’ils sont mieux rémunérés. Mais qui permet aussi de débuter son apprentissage à n’importe quelle période de l’année. Avec en plus une prime de 500 euros pour passer son permis. » 

Pour Stéphane Mazars, tous ces moyens « visent à booster l’apprentissage. On espère que plus de jeunes, ou moins jeunes, s’y engageront. Mais cette revalorisation commence à porter ses fruits puisque nous avons noté une très forte augmentation à la rentrée. » En effet, selon les chiffres de la Dares, service des statistiques du ministère, 310 000 jeunes sont entrés dans le dispositif. Soit une hausse de 3,7 % par rapport à l’année précédente. 

« Un lycée comme un autre »

Une tendance confirmée par Christine Sahuet, présidente de la Chambre des métiers et de l’artisanat (CMA) : « Depuis deux ans, on ressent une augmentation. On fait tout ce qu’on peut pour motiver et dire que l’artisanat n’est pas le parent pauvre. C’est un lycée comme un autre, on y apprend un métier avec lequel on peut vivre et bien gagner sa vie. Il reste beaucoup de demandes d’entreprises. L’an dernier, 150 offres n’ont pas été pourvues. Les jeunes qui ne savent pas encore pas trop où se placer, on leur conseille de venir nous voir pour visiter et pourquoi pas essayer car l’artisanat embauche. »

Elle tient à rappeler que l’artisanat est « le poumon économique des territoires. Nos artisans forment leurs jeunes et leurs futurs salariés mais surtout leurs futurs repreneurs. » Et d’indiquer qu’en Aveyron, ce secteur d’activité « se porte bien puisqu’on a dépassé les 7 000 entreprises ». 

De nouvelles sociétés donc avec à leur tête de nouveaux profils : « Des personnes viennent se former et reprendre des entreprises en deuxième partie de carrière. Ils reviennent à des métiers de coeur parce qu’ils ont envie de s’exprimer avec leurs mains », indique la présidente de la CMA.