Aveyron. Le parc des expositions de Malan au cœur des débats du conseil départemental

Sarah Vidal, conseillère départementale et Jean-François Galliard, président du Conseil départemental. ©ADN12

Lors de la commission permanente du conseil départemental, vendredi 24 mai, les conseillers départementaux ont été amenés à voter les subventions du Département pour l’aménagement du territoire. Dont celle accordée au parc des expositions de Malan qui a fait réagir Sarah Vidal, conseillère départementale.

Les conseillers départementaux se sont réunis, vendredi 24 mai, autour de leur président Jean-François Galliard à l’occasion d’une commission permanente. Au menu du jour, le vote des subventions pour l’aménagement du territoire (10 millions d’euros pour 101 communes) réunies dans un seul dossier dans lequel se trouvait notamment l’aide accordée au centre aquatique de Millau pour un montant de 2,9 millions d’euros mais aussi celle au parc des expositions de Malan pour 4 millions d’euros. Deux dossiers qui ont fait réagir la conseillère départementale Sarah Vidal. Cette dernière a demandé un vote séparé « au vu de l’envergure » de ces sommes. Le vote lui a été refusé.

Une interrogation sur la stratégie

Elle s’est d’abord étonnée que le conseil départemental « accompagne un projet relevant du développement économique, alors que notre collectivité n’en a pas la compétence ». Avant de s’attarder sur la somme de 4 millions d’euros sur un projet global de 23 millions d’euros (34 millions en comptant la zone d’activité commerciale).

Le visuel du futur parc des expositions de Malan.

Pour la conseillère départementale, « on doit avoir un débat » quant à l’attribution de cette somme, « notamment dans un contexte où les collectivités territoriales ont une contrainte budgétaire forte. Nous aurions pu faire le choix de renforcer notre accompagnement sur les maisons de santé ou d’accompagner la construction ou la réhabilitation des Ehpad. » Et de s’interroger sur cette « opportunité qui doit « conforter le positionnement de Rodez et de l’Aveyron à l’échelle régionale et optimiser les retombées de l’activité économique sur le territoire ». Alors que la région compte déjà 23 parcs d’expositions et que Toulouse en construit un nouveau, j’ose espérer une véritable stratégie d’attractivité ».

« À l’encontre de la préservation de centralité commerciale »

Sarah Vidal est également opposée aux 7 500 m² de zone commerciale. « Il n’y a pas, aujourd’hui, sur le territoire de l’agglomération ruthénoise de saturation de l’offre qui justifierait la création de nouvelles zones commerciales. De plus, comme l’a rappelé la CCI dans un avis négatif rendu pour ce projet, la localisation est éloignée de la centralité de la commune. » Pour la conseillère départementale, il aurait été plus judicieux « d’aménager ce projet à proximité de centres-bourgs. Là, il va à l’encontre de l’objectif de préservation de centralité commerciale. »

Seule à voter contre — deux conseillers se sont également abstenus — sur l’ensemble des dossiers, Sarah Vidal assure « ne pas vouloir faire de polémique. Mais à l’heure où on parle de grand débat, on peut prendre le temps nécessaire pour discuter des projets. J’émets quelques doutes sur la pertinence de celui-ci et c’est normal que je m’interroge. Sinon, les réunions n’ont qu’à devenir des chambres d’enregistrement. »

« J’ai cru assister à un débat d’agglo »

Du côté du président, Jean-François Galliard, « il s’agissait d’un vote sur les subventions du Département. J’ai cru assister à un débat d’agglo. Ces arguments (ceux de Sarah Vidal) concernant l’agglomération. Ce n’était pas le sujet. Et elle a d’ailleurs eu une opposition assez farouche de la part des conseillers. » Pour lui, le parc des expositions, qui représente 17,4 % des 10 millions d’euros alloués à l’aménagement du territoire, est « fondamental ». Et de se demander « pourquoi il n’y en aurait pas à Rodez ? Il y en a bien un à Albi. C’est un projet d’importance départementale. » Et de souligner que le projet a été voté à « une large majorité ». Le président a refusé le vote séparé, car « il (le parc des expositions) est cohérent avec le projet de l’Aveyron ».

  • Le Département entre au sein de l’EPCC Soulages

La commission permanente du conseil départemental a également voté à l’unanimité l’entrée du Département au sein de l’établissement public de coopération culturelle du musée Soulages. Il sera donc composé de l’État, de la région Occitanie, du département de l’Aveyron et de l’agglomération ruthénoise. Chacune de ces institutions pesant pour 25 % au sein de l’organisme. La date de mise en œuvre de l’EPCC a été fixée au 1er juillet prochain, la mise en œuvre opérationnelle, quant à elle, devant être effective le 1er janvier 2020.