Notre-Dame-de-Paris. Christian Teyssèdre réagit à la somme débloquée par la région Occitanie

Christian Teyssèdre, maire de Rodez, s'insurge à la suite après la somme débloquée par la Région pour restaurer la cathédrale Notre-Dame-de-Paris. Archives ©ADN12

Dans une lettre ouverte, le président de Rodez Agglomération et maire de Rodez, Christian Teyssèdre, s’en prend à la présidente de la Région, Carole Delga. Le sujet ? La somme de 1,5 millions d’euros débloquée par la région Occitanie pour restaurer la cathédrale Notre-Dame-de-Paris à la suite de l’incendie, lundi 15 avril.

La pilule a du mal à passer pour le maire de Rodez, Christian Teyssèdre. Dans une lettre ouverte, il s’adresse à la présidente de la Région, Carole Delga : « Elle annonçait pour la commission permanente du 19 avril une subvention de 1,5 millions d’euros pour la reconstruction de cette cathédrale. Par cette annonce, elle entend se joindre à l’élan national de solidarité en faveur du monument parisien, tout en tirant à elle une partie de l’énorme couverture médiatique qui entoure ce drame », écrit-il.

« Nous sommes éligibles au dispositif régional »

Avant de rappeler les demandes faites auprès de la présidente de la région Occitanie : « Le 30 mars et le 23 mai 2017 suite à une étude que nous avons financée avec la Drac (Direction régionale des affaires culturelles), j’ai informé Carole Delga que la ville et l’agglomération de Rodez allaient s’engager dans une première phase de rénovation intérieure de notre cathédrale Notre-Dame de Rodez attendue depuis des siècles pour un montant de 10 millions d’euros. Je lui ai demandé un engagement fort de la région pour la réalisation de ce chantier remarquable. Après m’avoir répondu le 20 juin 2017 que nos propositions seraient examinées avec le plus grand intérêt par ses services, le 10 août 2018 elle fait répondre par ses services que « la région n’intervient pas lorsque l’État est propriétaire de l’édifice concerné. Ce principe général de non éligibilité du patrimoine propriété de l’État ayant été retenu en raison des contraintes budgétaires qui imposent de limiter le champ des cofinancements régionaux, quel que soit l’intérêt du projet de restauration en cause ». En clair, à la région Occitanie le principe général s’applique pour ne pas financer la rénovation de la cathédrale Notre-Dame de Rodez mais en revanche nous constatons que le principe général ne s’applique pas pour financer Notre-Dame-de-Paris hors du territoire régional. »

Et de rappeler : « Pourtant, en tant que commune de moins de 30 000 habitants nous sommes éligibles au dispositif régional Aides à la restauration du patrimoine culturel dûment voté le 20 décembre 2017 par le Conseil régional et ce, d’autant plus que la cathédrale Notre-Dame de Rodez est protégée au titre des monuments historiques et située au cœur d’un site patrimonial remarquable. »

Des pierres du clocher chutent sur une voiture en stationnement

Christian Teyssèdre s’interroge donc « quant à la cohérence de l’action menée et au sens de l’équité ». Et d’indiquer « qu’au lendemain même de l’incendie de Notre-Dame-de-Paris, le clocher de Notre-Dame de Rodez perdait quelques pierres qui sont venues se fracasser 80 m plus bas sur un véhicule en stationnement. Pas de drame cette fois-ci. Pas de quoi faire réagir la communicante Carole Delga. Finalement, le seul critère d’éligibilité que semble respecter la présidente de Région est l’exposition médiatique. Espérons tout de même que celle-ci n’attend pas un drame, un accident ou une catastrophe pour s’intéresser aux réels besoins de son territoire plutôt que de se lancer dans de perpétuelles opérations de communication. »