Alcool, course poursuite, tonneaux et véhicule en flammes entre Decazeville et Aubin

L'accident a eu lieu au lieu-dit La Croix-du-Broual, à Aubin, sur la RD 221. Google Street View

Le 24 juin, un automobiliste fortement alcoolisé a pris en chasse un jeune couple, qui l’avait klaxonné dans le centre de Decazeville, avant de provoquer sa sortie de route. Après plusieurs tonneaux, les deux jeunes gens sortent du véhicule avant qu’il ne prenne feu… Un dossier qui a été jugé, ce mercredi 27 mars, par le tribunal correctionnel, mais qui sans cette fin heureuse aurait valu les assises.

Une simple dispute entre automobilistes, dans le centre de Decazeville, aurait pu très mal finir. Le 24 juin, en milieu d’après-midi, la conduite d’un homme agace un couple qui rentre chez lui. Après un coup de klaxon, une altercation et un dépassement, l’affaire aurait pu (dû) en rester là. Mais non, fortement alcoolisé – 1,59 gramme d’alcool par litre de sang, au moment de son contrôle, soit trois fois la limite autorisée – le premier individu se lance dans une course poursuite insensée pour importuner les deux jeunes gens.

Trois kilomètres plus tard, il parvient à les dépasser. « Il accélérait, ralentissait, accélérait, ralentissait », explique la conductrice. Excédée, la jeune femme tente un dernier dépassement, alors qu’ils traversent le lieu-dit La Croix-du-Broual, à Aubin, sur la RD 221. En vain. Le père de famille, accompagné d’un ami ce jour-là, donne un coup de volant vers la gauche. Il heurte l’autre véhicule. Ce dernier effectue plusieurs tonneaux et s’immobilise sur le toit. « On a vu de la fumée. On a réussi à sortir », détaillent les deux victimes. La voiture, elle, s’embrase.

Celui qui les a mis dans le décor ne fuit pas pour autant. Et là, plus d’agressivité. « Quand je suis sortie, il buvait juste beaucoup d’eau, poursuit la conductrice. J’ai compris qu’il avait bu de l’alcool. Je lui ai dit que c’était toute la journée qu’il aurait dû boire de l’eau. » Le chauffard a reconnu avoir consommé cinq bières et trois verres de vin rouge.

Sept mois de prison avec sursis

Le quarantenaire a été jugé, ce mercredi 27 mars, à Rodez. « C’est miraculeux que nous soyons devant un tribunal correctionnel (qui juge les délits), aujourd’hui », lui a lancé Jean-Marc Anselmi, le président. Sans cette fin heureuse, c’est bien devant une cour d’assises qu’aurait comparu ce natif d’Aurillac.

« C’est une situation humainement difficile, pour des faits relativement simples », a estimé Fanny Moles, substitute du procureur, alors que le prévenu est veuf et qu’il a un fils handicapé à charge. Lors de ses réquisitions, le ministère public a demandé entre six et huit mois de prison avec sursis sans annulation du permis de conduire. « Ce monsieur doit travailler pour s’en sortir. Et il a besoin de son permis. »

Les juges ont finalement condamné l’homme à sept mois de prison avec sursis, avec une suspension du permis de conduire de six mois, déjà couverte par la suspension administrative suite à l’accident. De possibles dommages-intérêts seront envisagés en septembre prochain, après une expertise.