Maison d’arrêt de Rodez. Un détenu demande à un surveillant de « faire la mule »

Le parquet de Rodez poursuit systématiquement en cas d'incident à la maison d'arrêt. Archive ©ADN12

La drogue entre en prison. Elle circule entre cellules. Elle tourne dans la cour de promenade. Dans la majorité des cas, il s’agit de cannabis. Ce vendredi 22 mars, en comparution immédiate, deux hommes ont été jugés pour en avoir détenu. L’un des deux dossiers a eu au moins le mérite de faire rire les juges.

La quantité semble dérisoire. Pour un demi-gramme de résine de cannabis, caché dans un sachet de riz, dans une cellule de la maison d’arrêt de Rodez, un détenu a été jugé, ce vendredi 22 mars, en comparution immédiate. Mais, alors, comment ce prévenu a-t-il pu se faire pincer pour une si petite dose ? Tout simplement parce qu’il a demandé à un surveillant pénitentiaire, le 27 février, de passer ce drôle de colis à la cellule d’à côté. Manque de chance ou de jugeote, le fonctionnaire n’a pas manqué de regarder entre les grains et à découvert la drogue.

Une situation qui a presque amusé Abdessamad Errabih, le président de l’audience, d’ordinaire si sérieux :

Alors là, c’est particulièrement osé de demander à un surveillant pénitentiaire de faire la mule. J’avoue que je n’avais jamais vu ça…

Deux mois de prison ferme

Mais avec un casier judiciaire comportant 13 condamnations, les juges n’ont pas rigolé longtemps. Fanny Moles, la substitute du procureur, a rappelé le fléau que peut représenter la drogue en milieu carcéral : « Quand on lâche la bride au trafic, les conséquences peuvent être dramatiques. On le voit dans d’autres prisons, où il est parfois mieux organisé qu’à l’extérieur. À Druelle, on arrive à le contenir. » Avant de demander « deux mois de prison ferme, avec mandat de dépôt », ce qui repousserait la date de libération du prévenu, fixée à début août. Les juges l’ont suivie dans ses réquisitions, tout en retenant l’état de récidive légale.

Un autre cas

Lors de cette même audience, un autre détenu comparaissait alors que 5,8 grammes de cannabis ont été retrouvés sur lui, le 23 février, après la visite de sa femme à la maison d’arrêt. Un personnage qui a déjà beaucoup fait parler de lui ces derniers mois. Condamné et incarcéré pour violences conjugales, en novembre, il comparaissait à nouveau, le 5 février, pour conduite en état d’ivresse. Quand la gendarmerie est venue l’escorter, il n’a rien trouvé de mieux que de prendre de la drogue avec lui pour se rendre au palais de justice… Une barrette qui a finalement été retrouvée lors de la fouille. Le 13 février, il a donc été jugé et condamné une première fois pour détention de cannabis en prison. Ce vendredi 22 mars, il a repris six mois de prison avec mandat de dépôt.

« Nous poursuivons systématiquement »

Le parquet de Rodez revendique son intransigeance concernant les incidents qui se déroulent derrière les murs de la maison d’arrêt. « Nous poursuivons systématiquement, que ce soit pour la drogue, les violences, ou encore les téléphones portables », insiste Fanny Moles. En revanche, concernant le cas d’une surveillante blessée le 13 mars, aucune poursuite n’a été engagée et il semblerait que la blessure ait été involontairement commise. D’ailleurs, la fonctionnaire, elle-même, n’a pas porté plainte. Et toujours selon le parquet, aucun objet ni substance illicite n’avait été retrouvé.