Saint-Affrique. Grève massive à l’Ehpad de la Miséricorde

65 % des salariés de l’Ehpad la Miséricorde se sont déclarés grévistes depuis le lundi 18 mars. ©Le Progrès

Depuis lundi 18 mars, les personnels de l’Etablissement d’hébergement pour personnes âgées et dépendantes (Ehpad) de la Miséricorde à St-Affrique sont en grève, pour dénoncer les dysfonctionnements de l’établissement et la souffrance des personnels qui en découlent. 32 personnes se sont déclarées grévistes dans un établissement qui compte 49 salariés. Ils dénoncent tous « la mauvaise gestion humaine de la directrice, Dominique Augé », en poste depuis dix ans. Un service minimum est assuré « pour que les résidents ne soient pas pris en otage par la situation, et à subir les conséquences de la maltraitance des salariés par la direction ».

Evoquant du harcèlement moral et des intimidations « qui n’ont que trop duré », une partie des salariés a donc décidé de sortir de son silence en février, en alertant les instances dirigeantes de l’organisme qui gère l’Ehpad de la Miséricorde (La Pierre angulaire, membre du réseau Habitat et Humanisme), l’inspection du travail, la médecine du travail et l’Agence régionale de santé. Une première réunion a eu lieu le 5 mars avec le président de la Pierre angulaire, Bernard Devert, « où les salariés ont pris la parole pour faire entendre leurs malaises. » Ils ont notamment demandé le départ de l’actuelle directrice, mais n’ont pas été entendus sur ce point.

A force de rabaisser et d’humilier les gens, la pression monte. Alors nous n’avons pas eu d’autre choix que de lancer un préavis de grève.

Un manque de personnel soignant

Si la gestion humaine est en ligne de mire, les grévistes reconnaissent également un manque de moyens humains qui n’arrange rien à la situation, notamment dans le secteur du soin, comme le décrit une agent de service hospitalier présente sur le piquet de grève.

Les plannings sont modifiés du jour au lendemain, les personnels de l’hôtellerie se retrouvent à faire des soins, et les secrétaires font les nuits ou s’occupent du linge. Tout le monde fait n’importe quoi, c’est la débandade.

Lundi 18 mars, une délégation de salariés, accompagnés par un représentant de la CGT santé Aveyron, a été reçue par la directrice. « Mais cette rencontre n’a débouché sur rien, puisque les décisions doivent être prises plus haut. Elle a reconnu ses erreurs, mais on attend des actes », prévient une salariée. En premier lieu, un changement de direction, ainsi que la réintégration de l’infirmière coordinatrice. Les grévistes demandent également une révision des statuts de l’établissement (augmentation des coefficients pour les aide-soignants et les aides médico-psychologiques, égalité des salaires sur des postes identiques, suppression des jours de carence en maladie, salaire double les jours fériés et le dimanche), un poste de nuit supplémentaire, l’ouverture de la lingerie 7 jours sur 7, le versement de la prime Macron, une augmentation de salaires pour tous les salariés, la reconnaissance du travail, et l’élection du délégué du personnel et son suppléant.

Les grévistes attendent désormais le retour du président de la Pierre angulaire, Bernard Devert, qui revient à Saint-Affrique jeudi 21 mars pour gérer la crise. D’ici là, ils continueront à se relayer devant l’entrée de l’Ehpad La Miséricorde, où ils discutent avec les passants, et saluent les automobilistes qui font montre de leur soutien en klaxonnant.