Bosch Rodez. La visite à Stuttgart ne dissipe pas les inquiétudes

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Après leur visite à Stuttgart (Allemagne), vendredi 15 mars, les élus locaux ont rencontré les syndicats de la filière automobile, ce mardi 19 mars, à l’hôtel de ville de Rodez. L’inquiétude persiste.

« Je suis conforté dans mes incertitudes. » Le maire d’Onet-le-Château, Jean-Philippe Keroslian, n’a pas été rassuré lors la visite à Stuttgart (Allemagne) où les élus locaux et des membres de la Région, ont rencontré la direction de Bosch. Un constat partagé par Christian Teyssèdre, président de Rodez agglomération. « Je suis inquiet. L’usine ne fermera pas demain. Mais progressivement, il y a des craintes à avoir. »  Les deux élus se sont rendus en Allemagne, accompagnés d’un représentant du Département, avec une voiture diesel « pour montrer que nous sommes attachés à notre territoire et à une entreprise qui tire vers le haut l’économie de l’agglomération ».

« Il faut continuer à se battre »

Mais au-delà de ce trajet, c’est surtout l’avenir du diesel et donc du site de Bosch Rodez qui devait être évoqué. Et sur ce point-là, aucune proposition concrète n’a été prononcée. « C’était une visite un peu décevante, admet Jean-Philippe Keroslian. Mais rien n’est perdu. Il faut continuer à se battre. » Et la première étape à franchir, que prône les élus locaux et les syndicats, c’est la reconnaissance du diesel nouvelle génération, norme Euro 6 (vignette Crit’air 1). Alors même que l’État et la Région souhaitent une nouvelle étude sur le diesel. « Je ne comprends pas leur position », indique Christian Teyssèdre, qui voit dans cette étude, un manque de confiance de l’État et de la Région envers les normes européennes. « C’est à rien n’y comprendre. Comme disait Clemenceau, « créer une commission et vous êtes sûr d’enterrer le problème ». Là, on crée une commission et on ne sait même pas quand les résultats seront donnés… »

L’obtention de cette vignette Crit’air 1 pourrait permettre, selon les syndicats, d’enrayer la chute du marché du diesel. Les élus locaux ont donc demandé à Bosch « d’investir à Rodez et de faire pression sur l’État afin de l’obtenir », confie Christian Teyssèdre.

À la sortie de la réunion, mardi 19 mars, les représentants des syndicats sont toujours inquiets.

Conforter la filière diesel

L’autre point, celui de la diversification annoncée pour le site de Rodez, ne convainc pas tout le monde. « Avant de parler de diversification, commençons à solidifier ce que l’on a, c’est-à-dire les emplois de Bosch à Rodez, précise le président de Rodez agglomération, pour qui le diesel a encore sa place, notamment « dans le mix des motorisations. Quand j’entends la Région parler d’Airbus, ça ne se fait pas du jour au lendemain, il faut des certifications, ça prendra des mois et des mois. La meilleure option aujourd’hui, c’est de conforter la filière diesel. » Jean-Philippe Keroslian, lui, pointe du doigt l’implication du groupe Bosch dans ce projet de diversification : « S’il fallait retenir un slogan c’est aidez-vous et peut-être on vous aidera… »

Une mobilisation samedi 13 avril

Une visite qui n’aura donc pas permis de dissiper les craintes. « On était inquiet avant la réunion à Stuttgart, on l’est encore », admet Yannick Anglarès, secrétaire du syndicat CGT Bosch. Pour interpeller les autorités nationales ou régionales « comme quoi l’Aveyron, c’est avant tout l’industrie automobile », les organisations syndicales appellent à une mobilisation, samedi 13 avril, où ils marcheront, depuis Onet-le-Château vers le site de Bosch. Une manifestation à laquelle prendront part les politiques. « Je serai présent en tête de manifestation parce que je partage pleinement leurs convictions », indique Christian Teyssèdre.

Auparavant, le 9 avril, le responsable financier de la maison mère Bosch viendra sur le site. Puis, le 17 avril, ce sera Jean-Pierre Floris, commissaire interministériel à la réindustrialisation, qui visitera la structure de Bosch Rodez.