Rodez. Le cri d’alarme de Sarah Vidal sur la question de l’enseignement de l’occitan

Sarah Vidal, une élue engagée pour l'enseignement de l'occitan en Aveyron. ©ADN12

Sarah Vidal, adjointe à la culture à la mairie de Rodez, conseillère départementale et responsable de l’organisation de l’Estivada, a souhaité attirer l’attention des Aveyronnais sur les menaces qui pèsent sur l’enseignement de l’occitan en Aveyron suite aux projets de réforme du ministre de l’Éducation nationale.

Les nouvelles préconisations et mesures ont suscité beaucoup d’incompréhension et de la colère dans le monde occitan. Pour le baccalauréat, l’occitan a désormais un statut au rabais par rapport au grec ou au latin, qui ont un coefficient supérieur.

Une telle inégalité, presque « discriminatoire » selon Sarah Vidal, encourage les élèves et les familles à privilégier l’apprentissage d’une autre langue. Au niveau académique, la suppression des moyens spécifiques alloués aux établissements crée des iniquités terribles qui laissent peser un danger sur la pérennité de l’occitan dans beaucoup d’établissements. Alertée et sollicitée par des associations, des enseignants et des parents d’élèves, Sarah Vidal a pris l’initiative de monter au créneau pour défendre la lenga nòstra.

Une langue occitane bien implantée en Aveyron

Elle souligne l’attrait des Aveyronnais pour l’occitan.

L’Aveyron est le département de l’académie où son enseignement s’est le plus développé.

Aujourd’hui, c’est 4 % des enfants (soit 1.000 élèves) du premier et second degré qui suivent un enseignement bilingue. Treize collèges publics proposent un enseignement facultatif et cinq une section bilingue. Pour assurer la continuité, six lycées publics le proposent aussi. Une association, Adoc 12, fait de la sensibilisation auprès de 5.000 enfants dans les écoles primaires. Ces nouvelles mesures risquent de faire imploser cette situation.

« Pas d’Occitanie sans l’occitan ! »

Face à ce constat, Sarah Vidal décide d’agir. Elle fait voter deux motions au conseil municipal et départemental, approuvées à l’unanimité, demandant « le rétablissement des moyens et des conditions spécifiques à l’apprentissage de l’occitan dans l’académie de Toulouse ».

Leur accueil a connu un véritable consensus chez les différents élus. Cela témoigne que ce socle commun que constitue l’occitan pour tous les Aveyronnais a dépassé tous les clivages politiques.

Les parlementaires départementaux ont eux aussi adressé une lettre au ministre de l’Éducation nationale lui demandant de reconsidérer ses décisions. A Toulouse, 5.000 personnes ont marché dimanche dernier dans les rues contre la réforme et son impact sur les langues régionales avec des affiches mentionnant « Pas d’Occitanie sans l’occitan ! » .

« Une situation paradoxale »

Sarah Vidal remarque que « cette situation est paradoxale, car le Gouvernement vient de signer un contrat d’action publique avec la région Bretagne afin de soutenir les écoles bilingues Diwan ».

Quant à l’UNESCO, il a déclaré 2019, comme l’année des langues autochtones, cela donne un sentiment d’incompréhension générale. Elle fait constater que « la France a pourtant pris des engagements internationaux sur la protection de la diversité culturelle ».

Elle rajoute que « la loi de refondation du système éducatif de 2013 stipule que  l’enseignement des langues régionales doit être favorisé prioritairement dans les régions où elles sont en usage ».

Tout était réuni pour que l’occitan continue sa progression et son développement dans notre région. Ces nouvelles directives risquent de sonner le glas de l’apprentissage de cette langue.

Attentive à l’évolution du dossier, Sarah Vidal ainsi que les élus aveyronnais n’hésiteront pas à rappeler ses engagements au Président de la République de développer les langues régionales.

L’occitan, c’est nos racines et notre culture. Mais c’est aussi des valeurs comme la tolérance, la fraternité, le partage.

Sarah Vidal se dit très attachée à cet héritage et à cette philosophie de vie. Avec les élus aveyronnais, elle restera donc attentive à l’avancement de ce dossier et interviendra s’il le faut pour défendre la langue d’oc.