Decazeville. Mitty Desques expose « Brut » au cinéma La Strada

André Stengale, Mitty Desques et Colette Marin, lors du vernissage de « Brut ». © La Pipistrelle

Jeudi soir avait lieu le vernissage de « Brut », une série de clichés de l’artiste photographe Mitty Desques, dans le grand hall du cinéma La Strada à Decazeville.

Proposée par l’association Porteurs des Toiles, représentée par Colette Marin et André Stengale, « Brut » est une série sans fards de photographies monochromes teintées de sépia pour une ambiance immobile et immuable. Les images sont instantanées, figées entre la vie et la mort, entre le mouvement, l’immobilité et la continuité de chaque chose.

Photographiant au gré de ses promenades en Aveyron, du côté de Prévinquières, ou dans le Tarn, entre les forêts de Sivens et de Grésignes, mais aussi en Bretagne et partout où son œil capte le temps qui s’est arrêté, Mitty Desques vous laisse découvrir votre nature, votre terre, les choses qu’on laisse à l’abandon, les arbres rasés et la vie qui, même si elle semble s’être arrêtée, continue immuablement.

« Une photographe multifacettes »

Attirée par les détails, inspirée par les choses simples, Mitty Desques, photographe indépendante installée dans le Tarn, aux frontières de la forêt de Grésignes, aime profondément la nature, ses trésors et ses plaisirs cachés. Toujours à la recherche des surprises de la vie, elle sait en débusquer les fameux détails avec son œil de photographe, telle cette noix au milieu des coquillages, dans un trou d’eau, sur une plage en Bretagne.

Mitty shoote où ses yeux se posent et a le parcours d’une vraie autodidacte. Tour à tour comédienne et artificière pour le théâtre de rue, maraîchère bio, correspondante de presse, web designer, elle a enchaîné une multitude de petits boulots et s’est exercée dans tous les domaines à beaucoup de métiers divers, en photographiant perpétuellement ce qui accrochait son regard.

@DR

Des petits riens de la vie quotidienne à l’envie de capter juste un instant… « La beauté et le bonheur sont souvent dans de toutes petites choses… », confie l’artiste. La photographie l’accompagne depuis le jour où elle a eu un Instamatic dans les mains, elle a commencé avec l’argentique puis s’est mise au numérique.

Ce parcours complètement atypique est en fait une vraie richesse : c’est ce qui fait de moi ce que je suis aujourd’hui… une photographe multifacettes.

Une artiste qui a longtemps pensé qu’elle avait perdu du temps dans ses multiples expériences ; il semble au contraire que Mitty Desques soit riche de ces apprentissages de la vie.

Exposer son regard tel qu’il se pose sur les choses

Quand, en 2010, Mitty a eu la possibilité d’être exposée pour la première fois, ce fut le déclic : elle s’est lancée dans la carrière d’artiste photographe en 2011 et depuis elle expose régulièrement.

Un site Internet et une page Facebook, sa sensibilité discrète s’accorde avec sa démarche : exposer son regard tel qu’il se pose sur les choses qui, même si elles semblent figées, ne se sont jamais arrêtées dans le temps… La vieille « Balançoire hors service » continuera de rouiller derrière la maison, les « Cocktails Molotov » sont à la mode, la « Maison du maquis », sur le chemin du Maquis à Mirabel, verra encore longtemps passer les randonneurs et, qui sait si un jour quelqu’un viendra profiter des « Traces de convivialité » laissées à l’abandon sous les arbres.

Ces clichés et bien d’autres sont visibles dans le grand hall du cinéma La Strada à Decazeville, où l’exposition « Brut » se poursuit jusqu’au 17 avril.