Grand débat national. Dans le Saint-Affricain, les gilets jaunes interpellent les élus

A Tournemire, une trentaine de personnes ont participé au Grand débat national animé par les Gilets jaunes. Le Progrès

Après l’acte 1, organisé le 28 janvier à Saint-Affrique, la deuxième soirée du Grand débat national sur le Saint-Affricain a eu lieu à Tournemire. Une trentaine de personnes ont participé aux débats.

Comme pour l’acte 1 à Saint-Affrique le 28 janvier, l’animation de la deuxième soirée du Grand débat national sur le territoire intercommunal, qui a duré un peu plus de deux heures à la salle des fêtes de Tournemire, a été confiée par la communauté de communes aux gilets jaunes en général et à Hugues Robert en particulier.

Mardi 12 février, une trentaine de personnes ont assisté aux échanges entre gilets jaunes, curieux et élus : Brigitte Caussat, première adjointe de St-Affrique, Jean-Luc Jaffuel, conseiller municipal de St-Affrique, Pierre Pantanella, maire de St-Rome-de-Cernon, Michel Bernat, maire de Vabres et premier vice-président de la communauté st-affricaine, Sébastien David, conseiller municipal d’opposition à St-Affrique et conseiller départemental. Sans oublier, Pascal Rivier, maire de Tournemire, qui a porté le gilet jaune, dès le premier week-end de mobilisation et qui a regretté « le peu de participation », notamment de la part des habitants de son village.

« C’est une chance ici que ce soit les gilets jaunes qui organisent le débat suite à la mobilisation », indique en préambule Hugues Robert. « Car aujourd’hui, le Grand débat national est confisqué par le show du président de la République. Un pouvoir qui discute sans prendre de décisions concrètes. »
Et de lancer le débat organisé en trois temps : « les projets autour des jeunes et de l’école, ou comment repenser le sport et la culture en milieu rural » ; « les maisons de santé et l’accueil des personnes âgées vieillissantes en milieu rural » ; « les zones de revitalisation rurale ».

Transport et cantine en milieu rural

Sur le premier thème, Florence Girolt, habitante de Tournemire, propose qu’un bus soit mis en place le mercredi pour véhiculer les enfants des villages à St-Affrique pour les activités sportives et culturelles « moyennant une somme symbolique et adaptée aux revenus ». Elle ajoute qu’il serait bien que la restauration publique de St-Affrique puisse fournir les cantines des autres écoles.

Les réponses ne tardent pas à venir. Sur le premier point, Michel Bernat explique que des transports à la demande, « une question récurrente », sont déjà en place même s’ils ne fonctionnent pas très bien. Sur le second sujet, Brigitte Caussat explique que la restauration municipale est déjà saturée.

« Avant d’amener les enfants des villages quelque part, il faudrait déjà que les écoles rurales demeurent » lance Pierre Pantanella. Propos renforcé par un enseignant gilet jaune qui rappelle que « tous les postes attribués dans les grandes villes sont pris en milieu rural » et que « les écoles qui marchent sont à taille humaine ».

Sur la question des services publics, un participant a salué les maires qui sont en première ligne en étant « quasi-bénévoles ».
A ce propos, Michel Bernat a rappelé que les maires étaient « mis sur le grill par l’Etat depuis les années 2000 ».

Un accès équitable à la santé

Sur le deuxième thème de la soirée, les mêmes constats ont été dressés avec des anciens qui « ont de plus en plus de mal à entrer dans des Ehpad faute de moyens », des médecins « qui ne viennent pas s’installer en milieu rural » et qu’il faudrait contraindre (même si le Saint-Affricain a accueilli près d’une dizaine de jeunes praticiens ces dernières années), l’hôpital unique avec la question de « rendre équitable son accès à tous les habitants du Sud-Aveyron », la psychiatrie parent pauvre des soins en général et en particulier en milieu rural…

Sur le troisième sujet du soir, alors qu’il a été demandé plus d’installation de distributeurs de billets en milieu rural, un gilet jaune a expliqué qu’il ne se servait de sa carte bancaire que pour retirer des espèces : « Je paie en liquide dans les petits commerces. La carte bleue est un moyen de résistance. »

« Les maires ne pourraient-ils pas devenir nos leaders ? »

Des propos plus « engagés » ont ensuite été échangés. Certains gilets jaunes regrettant que ça ne bouge pas plus, appelant même à se confronter aux forces de l’ordre : « Je suis en colère et il faut agir plus fort. Les maires ne pourraient-ils pas devenir nos leaders ? »
« Est-ce que les maires seraient d’accord pour défiler avec les gilets jaunes afin de défendre la ruralité ? » demande Florence Girolt.

Une autre gilet jaune indiquera : « Nous nous battons juste pour vivre dignement. »
« Le système ne s’arrêtera que quand il aura pété » lance un autre gilet jaune. « Les gilets jaunes ne s’arrêteront pas. »
« Je ne suis pas sûr que ce soit mieux après la Révolution », répond un autre participant. « Pour ça il y a les élections », souligne Jean-Luc Jaffuel.
« Est-ce que nos idées seront débattues au sein de la communauté de communes ? » demande Florence Girolt. « Mais il y a déjà des débats au sein de la communauté », a répondu Michel Bernat. Et les séances sont publiques et ouvertes à tous.