Aveyron. Une réunion pour « ne pas subir de plein fouet » le Brexit

Différents intervenants ont pris la parole pour informer les acteurs économiques des conséquences du Brexit. ©ADN12

Dans les locaux de la Chambre de commerce et d’industrie, ce jeudi 21 février, à Rodez, les acteurs économiques du département ont été invités à anticiper le Brexit qui prendra effet le 29 mars prochain.

Orchestrée par le gouvernement, cette initiative de sensibilisation des acteurs économiques au Brexit a pour objectif de les inciter à anticiper l’impact futur que pourrait avoir le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE).

Alors que le 23 juin 2016, le Royaume-Uni a fait part de son souhait de quitter l’UE, les négociations menées depuis deux ans sur les modalités de sortie n’ont mené à rien après que la chambre des communes britannique a refusé, le 29 janvier, le projet d’accord. « Que le Brexit soit dur ou pas, il y aura de toute évidence un impact sur vos activités », a confié Catherine Sarlandie de la Robertie, préfète de l’Aveyron, à la vingtaine d’entrepreneurs, dans la salle de la CCI. « Il est donc primordial de se préparer au changement, à tous les scénarii possibles. » À partir du 30 mars, le Royaume-Uni sera considéré « comme un pays tiers ». Il n’y aura donc aucun accord sur la circulation des biens et services. Pour y faire face, la préfète a annoncé que le gouvernement avait mis en place « en cas de Brexit dur, des ordonnances » qui proposeront des mesures provisoires pour accompagner les entreprises touchées.

Le vin et l’agroalimentaire particulièrement touchés

À tour de rôle, un représentant de l’Agence de développement économique de la Région (Ad’Occ), la représentante de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi ont pris la parole pour informer des possibles futurs impacts du Brexit. L’Aveyron ne sera pas épargné puisque selon les prévisions présentées lors de la conférence, les secteurs du vin et de l’agroalimentaire seraient les plus touchés à l’export en dehors des chaînes d’approvisionnement complexe comme l’aéronautique et l’automobile.

80 % des flux britanniques passent par la France

Denis Helleringer, adjoint à la direction régionale des douanes de Toulouse, a regretté qu’il n’y ait pas plus d’acteurs économiques aveyronnais dans la salle. Il annonce « un choc qui risque d’être important ». Et que cette démarche permet de « ne pas subir de plein fouet les conséquences du Brexit ». Pour s’y préparer, Denis Helleringer a annoncé que la douane avait recruté « pour la première fois » 500 agents hors-concours pour renforcer les frontières. « Notamment dans les Hauts-de-France et en Normandie. » Mais aussi l’ouverture de bureaux de douanes à Calais et à Dunkerque dont le dernier sera ouvert 24h/24. « Une première également, souligne Denis Helleringer. Il faut savoir que 80 % des flux britanniques vers l’UE passent par la France. Seul 20 % passent par la Belgique et les Pays-Bas. C’est un challenge européen. »

Un nouvel opérateur à trouver

La préfète a également rappelé que l’aéroport de Rodez serait touché par le Brexit. Desservi par la compagnie britannique Eastern Airways, cette dernière ne pourra « plus opérer sur le territoire. Nous allons devoir chercher un nouvel opérateur. » Catherine Sarlandie de la Robertie a précisé qu’une négociation avec la compagnie britannique avait permis d’assurer les vols jusqu’au 26 octobre.