Luc-la-Primaube. Le regard de Jean-Phillippe Sadoul sur le grand débat

Jean-Philippe Sadoul, maire de Luc-la-Primaube. ©ADN12

Le grand débat, initié par Emmanuel Macron en réponse à la crise des gilets jaunes, s’organise partout en France depuis le 15 janvier. Il prend place au niveau des communes et doit permettre à tous de s’exprimer. A Luc-la-Primaube, il se traduit par quatre cahiers de doléances accessibles en mairie, un par grand thème défini : transition écologique, fiscalité et dépenses publiques, démocratie et citoyenneté et l’organisation de l’état et des services publics.

A Luc-la-Primaube, deux réunions publiques sont à venir le mercredi 23 janvier à 20 h à l’espace Saint Exupéry à La Primaube et le mercredi 30 janvier à 20 h à l’espace d’animation à Luc. Deux soirées axées chacune autour de deux des thématiques du grand débat.

Les discussions s’organiseront sous forme de tables rondes avec un rapporteur pour synthétiser les idées. Le but étant de permettre de s’exprimer, chacun doit pouvoir parler de ce qui lui tient à cœur sans qu’il y ait de réelle orchestration de la part du maire comme ce peut être le cas dans une conférence.

Le débat se déroule aussi avec les moyens mis en place à l’échelle nationale avec la possibilité d’écrire à la mission du grand débat, ou en allant sur le site www.granddebat.fr.

La commune, premier échelon de la démocratie

Le grand débat permet de mettre en avant le rôle important de la commune dans le débat démocratique. Cette strate est très appréciée des Français avec +3 points de confiance selon la dernière étude du CEVIPOF, créditant les maires de 58 % de confiance, le plus fort taux parmi les politiques. Selon Jean-Philippe Sadoul, maire de Luc-la-Primaube :

Le grand débat met certes en avant le rôle de la commune et permettra peut-être à certains qui se sentaient exclus de la vie politique locale de se sentir entendus. Cependant, il n’y a que la forme qui change.

Jean-Philippe Sadoul considère en effet que « de très nombreux moyens existent en dehors du grand débat pour participer à la vie politique ». Réunions publiques, enquêtes publiques, journaux d’information, présence active des élus locaux, conseil municipal des jeunes et transmissions actives des structures associatives, permettent en temps normal de s’impliquer dans la vie de la commune. Le grand débat permettra peut-être de refermer la fracture qui s’est créée ces dernières années, en rattachant chaque citoyen à son rôle actif dans la politique, notamment dans sa forme locale.

Les raisons de la crise

Pour le maire de Luc–la-Primaube, « il est important de toujours conserver le lien entre l’Etat, les collectivités territoriales et les administrations. Lorsque des réformes doivent être faites, elles doivent être mises en place sans tarder et prendre en considération la réalité du terrain et les besoins des citoyens. Ainsi le passage au 80 km/h à l’échelle nationale est une erreur qui ne prend pas en compte l’expertise des collectivités locales qui connaissent le réseau routier et sont plus à même de juger si un abaissement de la vitesse est nécessaire. De plus, les démarches de transitions écologiques semblent maladroites, sanctionner des personnes qui n’ont d’autre choix que de rouler avec de vieux diesels quand on sait que ces derniers sortiront naturellement et rapidement du circuit. C’est une fois de plus une réforme détachée des attentes des Français. »

Une volonté d’avancer et de progresser

« Le grand débat doit permettre une sortie vertueuse de cette crise, continue Jean-Philippe Sadoul. Il est très difficile de trouver des solutions, mais l’enjeu est assez important pour essayer. Il faut que chacun prenne des initiatives pour s’en sortir et réussir pour son pays. La reconnaissance nationale se base sur les réussites au quotidien. Il faut trouver un équilibre entre un prélèvement juste et un retour toujours à la hauteur du système d’excellence qu’est le système social français. Le sens du travail et l’accompagnement de ceux qui travaillent, ceux qui créent de l’emploi et de la richesse sont essentiels pour relever les enjeux futurs. Limiter les prélèvements abusifs pour permettre de vivre de son travail et limiter les dépenses pour honorer la dette économique du système, un juste équilibre à trouver… »