Grand débat national. Les maires de Curan et de Saint-Rome-de-Cernon réagissent à la venue du président Macron

Jean-Louis Grimal et Pierre Pantanella se sont déplacés dans le Lot, vendredi 18 janvier, à la rencontre du président Macron. ©ADN12

Le président de la République était à Souillac, vendredi 18 janvier. Une délégation de plus de 50 élus aveyronnais s’est rendue dans cette commune du Lot. Deux édiles font le point. Pour Jean-Louis Grimal, maire de Curan et président de l’Association des maires de l’Aveyron (ADM12), « nous avons un président à l’écoute ». Pour Pierre Pantanella, maire de Saint-Rome-de-Cernon et président de l’Association des maires ruraux de l’Aveyron (ADMR 12), en revanche, « ce n’est que du vent ».

Jean-Louis Grimal : « Nous avons un président à l’écoute »

Comment jugez-vous ces échanges avec le président de la République ?

Je crois que c’est très positif. Les élus aveyronnais sont pour la plupart satisfaits. Il a répondu aux questions qui ont été posées. Après, mon interrogation est toujours de savoir comment tout cela va être appliqué au plus haut niveau de l’État.

Dans quels domaines Emmanuel Macron vous a-t-il donné satisfaction ?

Au niveau du 80 km/h, il a reconnu que des choses pouvaient être faites. Il a compris que dans les intercommunalités, la situation était parfois intenable, avec les transferts de compétences. Pour les écoles, dans des départements ruraux comme le nôtre, il a compris les difficultés. Peut-être que nous n’appliquerons pas strictement les règles et que nous pourrons garder une école pour dix enfants dans certaines petites communes.

Comment avez-vous trouvé le président ?

Pour moi, nous avons un président à l’écoute.

Pierre Pantanella : « Ce n’est que du vent »

Que retenez-vous de la venue du président de la République ?

Il faut déjà rappeler le contexte. Une préparation a été faite en amont par la préfecture. On nous avait demandé si nous souhaitions intervenir sur des sujets bien précis. C’était donc très organisé. Le président connaissait les thématiques sur lesquelles il allait être interrogé. Sur le fond, maintenant, j’ai entendu beaucoup de gens parler de leurs problèmes et un président qui répondait « je crois en ma politique. Je vous écoute mais je continue ce que j’ai commencé. » En gros : « Vous avez le droit de penser ce que vous voulez tant que vous dites comme moi ».

N’y a-t-il pas des motifs de satisfaction ?

Je pense qu’il va lâcher ce qui ne lui coûte rien. Il va donner le 80 km/h aux départements et permettre un Référendum d’initiative citoyenne (Ric, l’une des principales revendications des gilets jaunes) très encadré. Tout le reste, ce n’est que du vent. Quand on veut enterrer un problème, on dit qu’il faut créer une commission ou un rapport. Là, nous enterrons les revendications des gens, qui veulent une société plus égalitaire et plus juste.

Comment l’avez-vous trouvé ?

C’est un showman. C’est un ultralibéral. C’est bien le président des riches et des grandes villes. La concentration dans des métropoles est un échec massif… Mais nous allons continuer. Il est dans son monde. Il est dans la société du doigt tendu. Un coup, c’est la faute des retraités, puis c’est la faute des chômeurs, des migrants, des cheminots, etc.

Vous avez la sensation d’avoir perdu votre temps, vendredi ?

Non. J’ai la confirmation de ce que je pensais. Pour la suite, je vais essayer de jouer le jeu en organisant des réunions (dans le cadre du grand débat national).