L’occitan en Aveyron (2/8). À la rencontre de Christian Andrieu, lecteur de la dictée occitane

Christian Andrieu, lecteur de la dictée et ancien professeur d'occitan. ©adn12

Cette année encore, Christian Andrieu va lire le texte de la dictée occitane de Rodez. Cette dictée aura lieu le samedi 26 janvier aux archives de Rodez. Habitué de cet exercice, c’est en 2003 qu’il a lu pour la première fois la dictée occitane de Rodez.

En 1998, Christian Andrieu lisait la dictée occitane de Castres. Cette année à Rodez, il va lire deux textes, un pour les plus jeunes en enseignement primaire, et un pour les plus aguerris, du collège à la vie adulte ou même professionnels de l’occitan.

Christian Andrieu, lecteur et professeur

Christian Andrieu est une des figures du monde occitan. Professeur d’occitan et d’histoire géographie au collège Albert Camus de Baraqueville pendant 16 ans, il prend sa retraite en 2016.

Durant cette période, il cumule des ateliers de théâtre en occitan avec ses élèves et l’organisation d’un échange occitano-catalan annuel pour ses classes de 3e.

Aujourd’hui encore, il continue à s’investir durablement dans l’occitan avec notamment la création d’une troupe de théâtre jeune et en occitan, « Un Teatre Sens Nom » (UTSN).

Avoir un occitan naturel pour lire la dictée

Pour Christian Andrieu, le plus important pour lire la dictée est d’avoir un occitan naturel. Un occitan non académique, non formalisé. En effet, il a entendu parler occitan dans sa famille, il connait ainsi les formules orales d’une langue utilisée, les raccourcis, les prononciations et les assimilations qui existent dans la langue.

Le parcours d’un défenseur de la langue

Bilingue depuis toujours grâce au contact avec les membres de sa famille qui parlaient la langue, il a au début, comme beaucoup, considéré l’occitan comme un patois. En classe de sixième, il se considère bilingue pour la première fois en français et en anglais, l’occitan ne lui semblant pas être une langue.

C’est en Terminale qu’il suit son premier cours d’occitan. Un étonnement de découvrir que ce patois dont tout le monde avait honte était en fait une langue avec un nom, l’occitan.

Dès lors, il cherche à rendre sa dignité à la langue. Il ressent un profond sentiment de tristesse en apprenant qu’à l’arrivée du français, l’occitan a été dévalorisé, interdit et considéré comme un handicap.

Christian Andrieu regrette que l’apprentissage du français se soit fait dans la destruction de l’occitan et l’humiliation de ceux qui le parlaient. Là où cet apprentissage aurait pu se bâtir avec la création de liens entre occitan et français. La révolution a acté l’extinction programmée de l’occitan avec le principe de langue unique.

A 42 ans, Christian Andrieu décide de devenir professeur d’occitan et pour la première fois, il liera occitan et activité professionnelle. Il suit des cours pour valider son niveau, et pour découvrir l’étendue de cette langue, littéraire et riche de ses écrits. Ecrits reconnus dans l’histoire avec un prix Nobel de littérature pour Frédéric Mistral en 1904.