Saint-Victor. Expulsion imminente de l’Amassada

L’Amassada sur le qui-vive. Après une première fausse alerte le 20 décembre, la menace se fait plus sérieuse pour le collectif d’opposants qui occupe depuis quatre ans le site du futur transformateur de St-Victor, propriété de la société RTE depuis le 4 juillet 2018.

Lundi 14 janvier dans l’après-midi, nous avons reçu la visite de la gendarmerie et d’un huissier, avec un document du tribunal de Grande Instance de Rodez – une ordonnance pour requête, qui indique que désormais, les personnes identifiées sur site peuvent être soumises à des amendes de 2.000 € par jour 

La prudence est donc de mise pour la vingtaine de militants présents sur le site de façon illégale, mardi 15 janvier dans la matinée. Tous et toutes ont adopté la stratégie du masque et de l’anonymat pour éviter d’être identifiés. Et les barricades de pneus et de palettes ont commencé à se dresser un peu partout autour de la zone.

Les militants, qui se préparent à l’expulsion depuis plusieurs semaines, s’attendaient à une procédure plus « classique », avec intervention musclée au petit matin.

Nous sommes un peu surpris par cette nouvelle manière de gérer les luttes écologistes et territoriales, en la financiarisant, dans l’espoir que cela fasse peur aux gens qui luttent contre ce projet.

Que l’expulsion soit visible

En attendant une expulsion qu’ils pensent imminentes, l’Amassada a lancé un appel pour obtenir du renfort.

Si leur stratégie c’est de faire en sorte que les choses pourrissent, se délitent, nous on a décidé de rester là, d’appeler à ce que d’autres personnes viennent nous prêter main forte. Ils ne veulent pas la confrontation parce que ce n’est pas bon pour leur image. Mais nous on la veut, parce que cette expulsion ne doit pas passer inaperçue.

Plusieurs appels à rassemblements ont été lancés, l’un devant le tribunal de Millau mercredi 16 janvier, et l’autre à Saint-Affrique samedi 19 janvier devant la Poste, à 11 h.

Même s’ils ne savent pas trop à quoi s’attendre pour les jours qui viennent, les opposants au transformateur de St-Victor continuent à croire qu’ils pourront fêter les 4 ans de l’Amassada, prévue samedi 19 janvier : « Nous avons prévu un concert samedi soir. Sous forme de bal masqué… Si nous sommes toujours-là bien-sûr ».

A quelques jours de son 4e anniversaire, la menace d’expulsion devient sérieuse pour l’Amassada.

Sur le même sujet, voir aussi l’article « Millau. La tension monte entre l’Amassada et le Parc des Grands Causses »