Jour de l’an à Rodez. Peu de répit pour les pompiers

Au standard, les sapeurs-pompiers prennent les informations avant de partir en intervention. ©ADN12

Au Centre de secours principal, trois professionnels et sept volontaires étaient mobilisés, ce mardi 1er janvier. Certains avaient pris leur garde, la veille, à 19 h. Six interventions ont eu lieu pendant la nuit, dont un incendie de maison à Luc-la-Primaube. Pour la sécurité de la cité, les sapeurs-pompiers ont veillé, très, très tard (tôt) !

Rodez est encore endormie, en ce mardi 1er janvier, à 6 h 30. Les couche-tard, eux, zigzaguent bras dessus, bras dessous, jusqu’à leur chaude maison. La chaussée brille d’une fine pellicule de givre. Les végétaux sont figés dans la froid.

En bas de la ville, il est un lieu où personne ne titube, où personne ne dort, où personne ne fait la fête… Au Centre de secours principal (CSP), tous les sapeurs-pompiers sont bien éveillés. L’adjudant-chef Dominique Dourdin, chef de garde, vient de prendre son service pour vingt-quatre heures. Il est entouré du sergent-chef Samuel Faurie, du sapeur Frédéric Vigneron, de l’officier de garde Frédéric Sarres et de l’adjudant-chef Christian De Brito, venu prêté main forte. Huit autres collègues sont encore à Luc-la-Primaube, pour circonscrire un incendie de maison qui a démarré aux alentours de 5 h.

Des feux de poubelles

En tout, en cette nuit de la Saint-Sylvestre, six interventions ont mobilisé les pompiers ruthénois, dont des feux de poubelles et un cas particulièrement suspect, comme le raconte Frédéric Vigneron :

C’était calme aux urgences de l’hôpital. Et on est arrivé avec six personnes d’une même famille d’un coup. Les médecins pensent qu’ils avaient tous la gastroentérite, mais c’est bizarre. On aurait dit qu’ils se la refilaient directement. Ou alors c’est peut-être grosse intoxication alimentaire.

Au final, au petit matin, « personne n’a dormi », comme le confirme Samuel Faurie, les traits tirés.

Quatre heures passées sur le feu de Luc-la-Primaube

La soirée avait pourtant bien commencé. Aucune intervention n’est venue rompre le réveillon au CSP, où les conjointes ont même été invitées. Puis, après minuit, tout s’est donc accéléré.

La grande échelle, partie sur le feu de maison, revient d’intervention aux alentours de 8 h. Dans l’épais brouillard qui enveloppe la ville, elle est vérifiée afin d’être immédiatement réutilisable.

La grande échelle est inspectée. ©ADN12

À 8 h 30, une ambulance et des renforts partent pour un malaise. Le centre est à nouveau à effectif réduit, avec des équipes encore disséminées ici et là.

Le Fourgon pompe-tonne (FPT), mobilisé à Luc-la-Primaube, quant à lui, rentre au centre de secours à 9 h. Après quatre heures de travail, les pompiers lavent et reconditionnent le matériel. Ceux restés au CSP prêtent main forte. 

Les tuyaux ont été mis à sécher, pendus à la tour. ©ADN12

Un rythme chamboulé

En temps normal, les sapeurs-pompiers sont relevés, aux termes d’une garde de douze ou de vingt-quatre heures, à 7 h. Pour le jour de l’an, la plupart d’entre eux enchaînent vingt-quatre heures de service, de 19 h, la veille, à 19 h, le lendemain. Les habitudes sont donc chamboulées, comme le précise Dominique Dourdin :

Généralement, le matin, on contrôle tout le matériel, puis on fait du sport et des manœuvres. Là, c’est particulier. Je vais les laisser se reposer.

Du repos mérité

10 h 59, nouvelle alerte au standard, alors que tous s’apprêtaient à déjeuner aux tripoux. Un feu de cheminée s’est déclaré à Cassagnes-Béghonès. Le sergent Cédric Conradi, qui a annoncé sa disponibilité, en cas de besoin, est appelé en urgence. La grande échelle et un FPT reprennent la route. Ce dernier est finalement rappelé en chemin. Seule l’échelle se rend sur les lieux du sinistre. Elle permettra d’accéder au toit et de vérifier le conduit de la cheminée.

La grande échelle a été mobilisée à Cassagnes-Béghonès. ©ADN12

À 13 h 30, quand les deux derniers hommes rentrent au centre, l’ambiance est calme. Presque tout le monde part faire la sieste. Un peu de sommeil bien mérité, après une nuit agitée.

Les sapeurs-pompiers de garde le 1er janvier :

  • Aurélia Auguste, sapeur,
  • Pierre Bancarel, caporal,
  • Patrick Carrière, sapeur,
  • Aurélien Layrac, sergent-chef,
  • Benjamin Pourcher, sapeur,
  • Lionel Rodriguez, caporal,
  • Dominique Dourdin, adjudant-chef,
  • Samuel Faurie,sergent-chef,
  • Franck Moisan, sergent-chef,
  • Frédéric Vigneron, sapeur.

Le centre de secours de Rodez en quelques chiffres

  • 3 536, comme le nombre d’interventions réalisées en 2018,
  • 70, comme le nombre de sapeurs-pompiers volontaires,
  • 24, comme le nombre de sapeurs-pompiers professionnels,
  • 3 + 1, comme le nombre de Véhicules de secours et d’aide aux victimes (VSAV),
  • 2, comme le nombre de chiens de recherche, Nyska et Nyx, deux bergers malinois âgés de trois mois, actuellement en formation,
  • 2 000 L, comme la contenance en eau du Fourgon pompe-tonne léger (FPTL),
  • 3 500 L, comme la contenance en eau du Fourgon pompe-tonne (FPT),
  • 8 000 L et 10 000 L, comme la contenance en eau des deux citernes,
  • 4 000 L, comme la contenance en eau des deux Camions-citernes feux de forêt,
  • 10 %, comme le pourcentage des sorties pour des incendies, tous les ans,
  • 10 %, comme le pourcentage des interventions dites « diverses », tous les ans (inondations, déblocages d’ascenseur, tronçonnages…),
  • 80 %, comme le pourcentage des interventions pour du secours à la personne, tous les ans.

Les autres véhicules du centre :

  • Un véhicule d’interventions diverses,
  • Un jet-ski,
  • Un fourgon électro-ventilateur,
  • Le Véhicule du Grimp (Groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux),
  • Un véhicule pour les plongeurs, avec sa barque,
  • Un véhicule de secours routier, pour la désincarcération lors d’accidents.

Les spécialités du centre :

  • Les plongeurs, avec la sous-spécialité des sauveteurs en eaux vives,
  • Le Groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux (Grimp),
  • Les risques chimiques,
  • Le sauvetage-déblaiement.