Sébazac. Après sept semaines de mobilisation des gilets jaunes, les affaires reprennent

Sur la zone commerciale L'Estreniol, les affaires ont repris leur cours normal en cette fin d'année. ©adn12

En ces derniers jours de décembre 2018, les parkings se remplissent à nouveau et les affaires reprennent leur cours normal à la zone de l’Estreniol à Sébazac. Pour les commerçants, il est temps de dresser un bilan économique de la présence des gilets jaunes depuis sept semaines autour de la zone.

Depuis le 17 novembre, se sont succédé manifestations, blocages, barrages filtrants, parfois violences et pillages, générant pour les commerces des perturbations d’accès voire des dégâts matériels., des retards de livraisons, parfois des ruptures de stock. A tel point que dès le 3 décembre, Bruno Lemaire, ministre de l’Economie, tentant un premier bilan de l’impact économique du mouvement, parlait d’un impact « sérieux et continu ». Des baisses de chiffre d’affaires de 15 à 25 % dans la grande distribution et de 20 à 40 % dans le commerce de détail étaient alors avancés.

Entre deux ronds-points…

D’implantation récente en 2010, la zone commerciale de l’Estreniol concentre une grande partie des commerces de l’agglomération de Rodez : vêtements, matériel de sport, salons de coiffure ou d’esthétique, grande distribution, décoration, meuble, librairie, informatique, animalerie, garage automobile… La liste est longue et la zone très étendue. Elle draine ainsi chaque samedi des milliers de véhicules sur ses parkings.

Comme nombre de zones, elle se situe entre deux ronds-points, le giratoire de l’Eldorado et celui de l’Estreniol. De plus, elle ne comporte aucune autre voie d’accès que ceux-ci. Aussi, lorsque les gilets jaunes se sont installés au giratoire de l’Estreniol, à l’accès de la zone vers Rodez, la difficulté d’accès a été immédiate générant des temps d’attente et une baisse de fréquentation très importante.

17 novembre, un samedi noir

Le 17 novembre, le premier jour de blocage, la mobilisation a été la plus forte et a entraîné la fermeture du centre E. Leclerc et des commerces situés dans sa galerie. Le reste de la zone n’a pas fermé, mais la fréquentation a été inexistante, avec moins de dix personnes dans la journée même dans des enseignes normalement bondées à cette époque de l’année et générant pour certains plus de 20 000 € de perte de chiffre d’affaires.

A l’heure d’un premier bilan

Aucun dégât matériel notable n’est à déplorer et la présence des forces de l’ordre sur l’ensemble de la période a permis d’assurer la sécurité et un accès minimum aux commerces. Ainsi, les impacts semblent limités pour certains.

Par exemple, les magasins de bricolage ou de papiers peints espèrent que leurs clients auront reporté les travaux et du coup un bon démarrage en 2019. D’autres clients ont pu également effectuer leurs achats sur le site Internet de l’enseigne ou opérer téléphoniquement ou par courrier. C’est le cas notamment des agences de voyages. Toutefois, les achats Internet sont souvent comptabilisés par les groupes au niveau des sièges et non pas de chaque magasin générant ainsi des manques à gagner par magasin.

Par contre, pour la grande distribution, les magasins de vêtements ou les prestataires de services comme les coiffeurs par exemple, la baisse a été de l’ordre de 20 à 30 %, alors que certains magasins réalisent 30 % de leur chiffre d’affaires en décembre. Les achats ont lieu notamment sur des sites de commande en ligne ou ont été annulés.

Des commerçants inquiets pour le début 2019

Cette situation a généré l’incompréhension et un sentiment d’injustice chez de nombreux commerçants ou salariés qui parfois, pour certains, étaient pourtant sympathisants du mouvement. Aujourd’hui, l’activité reprend progressivement et beaucoup espèrent que les mesures du gouvernement en faveur du pouvoir d’achat permettront une reprise de la consommation et la compensation de ce manque à gagner.

Tous restent cependant très inquiets quant à la poursuite du mouvement des gilets jaunes en 2019 et quant à son impact éventuel sur les soldes d’hiver, période particulièrement cruciale pour eux cette année.