Viols à Saint-Affrique. Les victimes témoignent

Mercredi 14 novembre est prévu le dernier jour d'audience de cette affaire de viols commis à Saint-Affrique. ©ADN12

À Rodez, la cour d’assises de l’Aveyron a tenu, ce mardi 13 novembre, le deuxième jour d’audience dans l’affaire des viols de Saint-Affrique. À la barre, des experts, des témoins et les victimes ont pris la parole. L’accusé, lui, reste sur sa position en niant les faits.

Le deuxième jour d’audience a eu lieu, mardi 13 novembre, à la suite des accusations portées à l’encontre de J. R., un homme de 48 ans issue de la communauté gitane. Une des victimes (M. C.), mineure au moment des faits, est venue, dans un premier temps, témoigner à la barre.

« Je n’arrive plus à me regarder dans la glace »

Sa prise de parole, rompue à plusieurs reprises par ses larmes, ont jeté un émoi dans la salle d’audience du tribunal de Rodez.

Les faits, abordés dans le détail, sont terrifiants. M. C. raconte le déroulement de la soirée. Après avoir consommé « quelques verres (d’alcool) et un peu de résine de cannabis », la victime repart chez elle, récupérer des affaires, avec un morceau de drogue destiné à son amie. De là, elle reçoit un appel dans lequel J. R. lui sonde de revenir pour un problème de transaction. Il profère « des menaces de mort envers moi et ma famille », confie la victime. Apeurée, elle décide d’y  retourner. « Il m’a fait entrer dans le hall en me disant qu’il y avait un problème sur la quantité. Je lui ai dit que je pouvais aller rechercher l’argent. Mais il m’a dit qu’il ne voulait pas être payé comme ça. Il m’a plaqué contre une porte et m’a fait descendre à la cave. C’est là qu’il m’a violée. »

Dans des sanglots récurrents, elle confie faire de l’eczéma depuis les faits. « Je ne dors plus. Je fais des cauchemars. Je n’arrive même plus à me regarder dans la glace. » Avant de raconter, qu’elle et sa mère, qui vivent aujourd’hui à Toulouse, ont subi de nombreuses menaces dans le quartier de La Capelle, à Saint-Affrique, à la suite de son dépôt de plainte.

Durant la déposition de la victime, l’accusé, qui nie toujours les faits, reste impassible, mise à part quelques signes d’étonnement.

Mesure d’injonction de soins préconisée

Auparavant, J. R. a été décrit, par une psychologue, comme un homme qui est « ni inséré sur le plan social ni professionnel ». Elle ajoute que c’est un personnage « qui ne s’interdit rien. Il assouvit ses plaisirs personnels », avant d’assumer ses responsabilités, son rôle de mari ou de père. Un autre médecin fait état « d’aucun élément de manifestation délirante » mais le caractérise comme une « personne fruste et immature ». Il préconise, « par mesure de sécurité », une peine d’injonction de soins.

L’après-midi a été consacré à l’audition de plusieurs témoins, dont trois éducatrices du foyer mère-enfant de Mende (Lozère) – établissement qui a accueilli l’ex-compagne de l’accusé et ses trois filles de janvier à juin 2016 – qui ont, chacune à leur tour, amenait des précisions. « C’est une personne très réservée. Elle a mis du temps à se confier à nous », précise un témoin. « Elle nous a indiqué qu’elle avait très peur pour elle et pour ses filles. Elle était dans une relation de soumission. » L’aînée des trois enfants, décrite comme « dure » par les éducatrices, leur aurait confié que cette colère était due aux violences de son père. Elle l’aurait même vu commettre des violences sur sa mère.

« Peur de représailles »

Son ex-compagne (C. S.), 32 ans, 1 m 47 pour 34 kilos, a ensuite pris la parole, en visioconférence. Elle évoque une relation qui s’est dégradée en 2007, lors de leur emménagement en foyer. Elle raconte alors la brutalité et la force physique de J. R. Mais également les dix années de rapports sexuels forcés qu’elle aurait subis et qui aurait engendrés les deux derniers enfants. De « peur de représailles et qu’il ne [la] tue », elle n’en parlera à personne.

Depuis son box, J. R., qui n’a plus revu son ex-compagne depuis son incarcération, cherche à la voir sur l’écran. Durant toute l’audition, il restera impassible. « Je ne veux plus avoir de contacts avec lui », précise C. S.

Quant à la sœur de C. S., qui se dit « très proche d’elle », son témoignage étonnera les jurés et les différentes parties. En contradiction avec sa première déposition, elle confiera avoir oublié de nombreux passages et décrira « un père comme un autre. Très protecteur. » Mais également avoir été « choquée et abasourdie » quand elle a appris les faits de viol, dont J. R. était accusé.

Le verdict sera prononcé, mercredi 14 novembre, lors de la dernière audience.