Rencontre à Combret-sur-Rance. Fleur Daugey, une plume libre au service de la nature

Fleur Daugey foisonne de projets et de créativité. Elle a déjà signé une quinzaine d’ouvrages, pour les adultes et les enfants. ©ADN12

Il était une fois, une jeune femme au prénom prédestiné. Fleur Daugey, habitante de Combret-sur-Rance, a la nature dans la peau. Depuis toute petite, elle se passionne pour les animaux, les plantes, qu’elle a à cœur de protéger et de défendre. Elle s’est formée à l’éthologie, l’étude du comportement animal, a parcouru le globe dans des missions de sauvegarde et de protection des espèces, avant de se lancer dans l’écriture. Rencontre avec une passionnée au parcours hors-norme.

« J’ai toujours voulu écrire, raconte Fleur Daugey, mais j’étais persuadée que le plus efficace pour sauver les animaux, c’était d’aller sur le terrain. » Ses études d’éthologie terminées, elle part travailler sur des projets de protection d’espèces menacées : tortues en Alsace, chimpanzés en Guinnée et perroquets au Costa-Rica. En 2009, elle décide de rentrer en France : « J’avais fait le tour de la question, et puis j’avais besoin de gagner un peu mieux ma vie », explique-t-elle. Elle est alors embauchée au journal suisse « La salamandre », où elle apprend un nouveau métier, le journalisme, et affûte sa plume déjà bien aiguisée : « Je faisais des enquêtes, des portraits, des brèves, et puis des gros dossiers de trente pages sur des sujets passionnants. »

L’auteur a participé à une résidence d’artistes sur le Bateau-givre, au cœur de l’Arctique. Une BD relatant son périple est en préparation. ©DR

Passion pour la nature et envie d’écrire

Au bout d’un certain temps, Fleur Daugey a envie de plus de liberté et de laisser libre cours à ses propres envies. « J’ai toujours eu du mal avec le cadre, je suis quelqu’un qui respecte les règles, mais au journal, ça devenait répétitif, je commençais à m’ennuyer. » Elle quitte donc « La Salamandre », pour le Petit Futé, où elle rédige un guide pour la ville de Zurich, « que je connais de fond en comble », raconte-t-elle en riant. Mais sa passion pour la nature et l’envie d’écrire des livres ne la quittent pas : « Je me posais sans cesse des questions, est-ce que j’en suis capable, est-ce que ça va marcher ? A un moment donné, je me suis dit qu’il fallait que je fonce. »

Elle se renseigne alors sur le monde de l’édition, et sur les conseils d’une formatrice, elle prend contact avec Actes Sud Junior, pour proposer un sujet qui pourrait s’insérer dans une collection déjà existante. Elle frappe donc à la porte de l’éditeur, ses « Oiseaux globe-trotters » sous le bras. Et le résultat est au-delà de ses espérances, puisque son projet est non seulement accepté, mais publié hors collection.

Une quinzaine d’ouvrages à son actif

Depuis, Fleur Daugey foisonne de projets et de créativité. Elle a déjà signé une quinzaine d’ouvrages, pour les adultes et les enfants. Essais scientifiques, albums jeunesse, en passant par la bande-dessinée, la jeune auteur ne se cantonne pas à un style, elle suit simplement ses envies et son intuition : « J’ai besoin de faire pleins de choses différentes, sinon je m’ennuie. Je remercie mes parents d’avoir toujours cru en ma sœur et moi, et de nous avoir appris que l’essentiel dans la vie, c’est de faire ce que l’on aime, pas ce qui doit se faire. »

A l’aube de la quarantaine, Fleur Daugey a trouvé un équilibre, entre travail solitaire dans sa maison à Combret-sur-Rance, et rencontres avec le public, dans les écoles, les salons, ou les médias. Son livre « Animaux homos » lui a ouvert les portes des radios nationales (France Inter, France Culture, RTL), mais aussi du Monde, de Libération et même des Inrockuptibles. « Pourtant, j’ai eu du mal à le faire publier, explique-t-elle. J’ai essuyé pas mal de refus, jusqu’à ce qu’Albin Michel soit partant. »

Fleur Daugey dans son jardin à Combret-sur-Rance. ©ADN12

« J’envoie des messages positifs, j’apporte ma petite goutte d’eau dans l’océan »

Fleur Daugey aime explorer des horizons variés, et ses livres nous emmènent dans des univers inattendus. Son ouvrage le plus vendu est un livre sur les Yokais, des êtres surnaturels de la mythologie japonaise. Ses sujets, elle les trouve en suivant son instinct. Elle ne se demande pas ce qui pourrait marcher « sinon, je raconterai des histoires comme Harry Potter », explique-t-elle. « Je suis mon instinct, et je cherche à partager des informations qu’on ne trouve pas forcément ailleurs, ou en les abordant sous un angle différent. » C’est ainsi qu’est né le livre « Qui a peur des momies », où l’on découvre moult anecdotes et histoires insolites mais vraies, qui dépassent le cadre habituel de l’Egypte.

Dans son ouvrage sur la sexualité des plantes, Fleur Daugey dépasse le simple cadre botanique, et s’intéresse aux controverses liées à ce sujet, entre les scientifiques et les hommes d’Eglise. Grâce à son expertise scientifique, son écriture empreinte d’une musicalité sautillante, et une pointe d’humour, Fleur Daugey rend la culture scientifique accessible à tous, et a su trouver sa place dans le vaste univers de la protection de la nature :

Quand j’étais petite, j’avais l’impression que pour vraiment être utile, il fallait quasiment se sacrifier, partir dans la brousse ou dans la jungle en laissant tomber vie familiale, vie amoureuse pour se consacrer à une cause. Mais aujourd’hui je me rends compte que l’important c’est d’être à sa place, d’être vraiment bien dans ce qu’on fait, parce qu’il faut aussi se faire du bien avant de faire du bien au monde. Même si je ne sais pas quel est l’impact de mes livres. Je sais que j’envoie des messages positifs, j’apporte ma petite goutte d’eau dans l’océan.

Une Fleur s’est épanouie.