Victime de deux AVC à la naissance, Kerwan revient de loin

Kerwan et sa petite sœur sur les genoux de leurs parents. ©ADN12

Le 13 janvier 2013, dès sa naissance, Kerwan a été victime d’un double accident vasculaire cérébral (AVC). Aujourd’hui, il garde d’importantes séquelles. Ses parents, Julien et Yaëlle Montembault, ont créé, en 2014, l’association Kerwan 2 Toi pour faire connaitre l’AVC pédiatrique et financer du matériel de rééducation. Lundi 29 octobre, à l’occasion de la journée mondiale de l’AVC, ils seront présents à l’hôpital de Bourran, pour sensibiliser et informer.

Julien et Yaëlle Montembault ont donné naissance à Kerwan le 13 janvier 2013, à Rodez. Mais dès le lendemain, des symptômes leur font penser que leur fils ne va pas bien. Les analyses le confirmeront, Kerwan a été victime d’un double accident vasculaire cérébral.

« Lorsqu’on s’est aperçu que Kerwan avait fait un double AVC dès sa naissance, ça a été un choc puisqu’on ne savait pas que ça pouvait toucher les enfants. Certains médecins généralistes non plus. On imagine souvent que c’est destiné aux personnes plus âgées », explique Yaëlle Montembault, maman de Kerwan.

À la suite d’une hémorragie cérébrale, Kerwan, après trois jours de vie, a été placé en coma artificiel durant quinze jours, et transféré de l’hôpital de Rodez à Toulouse. Là-bas, « ils ont tout remis à plat. Il a fallu un mois pour que le sang s’évacue. Les spécialistes espéraient trouver une cause, sous l’hémorragie cérébrale, mais ils ne s’attendaient pas à trouver un deuxième AVC. Ce dernier a été tellement puissant qu’il a provoqué l’hémorragie cérébrale. Un adulte n’aurait pas survécu. » Kerwan revient donc de loin et conserve aujourd’hui des séquelles.

Ses parents, Julien et Yaëlle Montembault, décident de créer, en 2014, l’association Kerwan 2 Toi « pour faire connaitre l’AVC pédiatrique et surtout pour financer du matériel de rééducation ».

Méthode Medek

Les premiers temps, Kerwan assiste à des séances de rééducation intensive, deux à trois fois par semaine, durant 45 minutes. Ses parents continuent à se documenter :

On s’est renseigné sur le net, nous avons contacté d’autres associations et nous avons regardé ce qui se faisait à l’étranger aussi. On s’est alors aperçu qu’en France, nous avons beaucoup de retard sur la rééducation et le matériel.

Grâce à des donateurs, Julien et Yaëlle décident d’adopter, il y a quatre ans, la méthode Medek « qui vient du Chili. Les kinés peuvent être formés au Canada. » Mais en France, à l’époque, seulement trois proposaient cette méthode, dont un à Toulouse. Depuis, cette démarche se développe, et onze kinésithérapeutes ou ergothérapeutes l’adoptent. Elle est plus intensive puisque les séances sont quotidiennes et d’une durée de 45 minutes. Mais non reconnue par la sécurité sociale, elle est aux frais des parents. Yaëlle détaille :

En quelques mois, Kerwan a fait d’énormes progrès. Il faut savoir que c’était un petit garçon qui dormait tout le temps. Il était tout le temps allongé et n’avait aucune interaction avec qui que ce soit. Lors de la première session, la kinésithérapeute nous a dit « dans deux mois il tient assis », alors qu’il ne tenait même pas sa tête à 2 ans et demi. On n’y croyait pas du tout.

Entre 500 et 1 000 enfants victimes d’un AVC chaque année

Aujourd’hui, Kerwan va bientôt avoir 6 ans, et se tient debout. « On est arrivé au bout de la méthode Medek puisque lorsque les enfants sont sur le point de marcher, elle s’arrête. »

Lundi 29 octobre, ils seront donc dans le hall de l’hôpital de Bourran pour mener une journée de sensibilisation et d’information, en présence du représentant de France AVC Midi-Pyrénées, M. Becker. « On veut expliquer que les enfants sont aussi concernés par les AVC, sans faire paniquer tous les parents, bien évidemment. Mais qu’il y a des petits signes qui peuvent l’annoncer », explique Yaëlle Montembault. « C’est comme pour les adultes, plus tôt c’est pris en charge, mieux c’est pour l’avenir », ajoute Julien.  Chaque année, entre 500 et 1 000 enfants sont victimes d’un AVC.