Villefranche-de-Rouergue. Client grièvement blessé dans une armurerie, le professionnel relaxé

Le coup est part Illustration

Le 31 août 2017, un chasseur, qui était venu faire installer une lunette sur son fusil, a reçu une balle dans l’épaule. Le tribunal correctionnel de Rodez, ce mercredi 26 septembre, a relaxé le commerçant qui, ce jour-là, manipulait l’arme sur un étau.

Un chasseur a été blessé par balle, à l’épaule, le 31 août 2017, à Villefranche-de-Rouergue. Pourtant, en ce jeudi d’été, l’homme n’était pas en train de s’adonner à son activité de plein air. Il était dans une armurerie de la ville, afin de faire installer une lunette de visée sur son fusil. Le coup est parti alors que l’armurier manipulait l’arme, placée sur un étau, sans possibilité d’accéder à la gachette. 

Le client a porté plainte contre le professionnel. Ce dernier a comparu, ce mercredi 26 septembre, devant le tribunal correctionnel de Rodez.

Le professionnel revient sur les faits :

Je lui ai demandé si l’arme était chargée. Il m’a répondu que non. Le chargeur était effectivement vide. Il n’y avait aucune retenue dans la culasse. Quand je l’ai relâchée pour travailler, le coup est parti.

« Il ne peut plus se servir de son bras gauche »

À qui revient alors la faute ? À la négligence du gérant ou à celle du propriétaire de la carabine ? C’est sur ce point que la partie civile et la défense se sont opposées. Pour la première, l’armurier n’a pas réalisé toutes les vérifications qui s’imposent, notamment visuelles et tactiles. Pour la seconde, le chasseur, qui ne s’est pas servi de son arme pendant des mois a manqué à ses obligations légales et réglementaires, puisque le fusil n’a pas été nettoyé et vidé de sa dernière cartouche. Un rapport d’expertise présente l’arme comme entretenue et en état de marche. Pour le professionnel « c’est normal, puisque le coup, avec la déflagration, a nettoyé l’amas de graisse ».

La victime a-t-elle été touchée alors qu’elle se trouvait devant le canon ? Pour l’avocat de la défense, rien ne permet de le prouver. Le client a, dans tous les cas, obtenu une incapacité de travail de plus de trois mois et – selon son avocat – doit subir de nouvelles interventions chirurgicales. « Il ne peut plus se servir de son bras gauche », insiste même le conseil.

Le procureur de la République a requis 5.000 € d’amende, dont 3.000 avec sursis, sans interdiction d’exercer. Les juges ont relaxé le prévenu. Les éventuels dommages et intérêts seront jugés en février 2019.