Il servait de « nourrice » au trafic de cocaïne millavois

La drogue était stockée chez le prévenu. Illustration

Le jeune de 26 ans a été condamné à trois ans de prison, dont dix-huit mois avec sursis, sans mandat de dépôt. Il est donc ressorti libre, ce mercredi, du tribunal.

Les cheveux long, les traits saillants, ses lunettes de vue remontées sur le crâne… C’est un jeune de 26 ans, souriant et timide, sans doute la boule au ventre, qui apparaît entouré de gendarmes, au tribunal de Rodez, ce mercredi 19 septembre, pour une comparution immédiate. Les faits qui lui sont reprochés sont lourds : acquisition, transport, usage et détention de stupéfiants, dont de la cocaïne et du cannabis, ainsi que le recel de produits issus du deal, en l’occurrence d’une somme d’argent en liquide. Le tout commis à Millau, entre le 1er et le 17 juillet.

Hors la loi pendant trois mois

Quand les enquêteurs de la gendarmerie fouillent son appartement, ils y découvrent exactement 103,4 g de cocaïne, 37,74 g de cannabis et 10.000 € répartis dans différentes enveloppes. Tout de suite, le Millavois se dénonce comme le dealer. Mais sa version ne tient pas debout. Sur place, aucune balance de précision n’est retrouvée. Les analyses téléphoniques et bancaires démontrent qu’il n’est pas au cœur du trafic. Non, il sert de nourrice (c’est-à-dire qu’il stocke la « marchandise » et l’argent). Pour ce « travail » il est rémunéré 2.500 euros en trois mois et bénéficie de 10 à 15  g de cocaïne, selon ses estimations, pour sa consommation personnelle (soit l’équivalent, en nature, de 600 € à 900 €). Une somme conséquente pour le procureur : « Quand on sait que l’acheminement, par poids lourd, de grandes quantités, du Maroc jusqu’aux Pays-Bas, rapporte 1.000 € au chauffeur. »

Mais alors, pourquoi se dénoncer pour un délit qu’il n’a pas commis ? Son avocate explique :

Il avait peur des représailles, qu’on le tabasse ou qu’on le tue, que l’on s’en prenne à sa petite amie.

Ressorti libre

Au moment de ses réquisitions, le procureur demande une peine de quatre ans d’emprisonnement, dont un an avec sursis, avec mandat de dépôt, sans mise à l’épreuve, puisque le prévenu avait affirmé ne pas avoir besoin de soins concernant sa consommation de drogue. De plus, le ministère public a estimé que « la nourrice » avait contribué à « l’empoisonnement » au niveau local.

L’avocate de la défense fait « des bonds » : « Il y a trois semaines, un chauffeur qui transportait 93 kg de cocaïne, a été condamné à 18 mois. Mon client est éligible au sursis simple. » Elle a rappelé les difficultés que son protégé a traversées : « Il a eu des problèmes financiers, avec trois loyers à payer. Des personnes malintentionnées l’ont récupéré. »

Arrive la décision du tribunal. Les juges sont cléments. Il condamne le Millavois à trente-six mois de prison, dont dix-huit avec sursis, sans mandat de dépôt. Le prévenu tombe alors dans les bras de ses amis, venus le soutenir. Il ne dormira pas en prison. Sa peine pourra être aménagée.