Journées du patrimoine. Se perdre une heure dans l’ancien haras national

Les fantômes des chevaux sont partout. ©ADN12

Depuis juillet 2017, les chevaux ont quitté les lieux. Pourtant, sur place, leur présence se ressent toujours. Visiter ce domaine, c’est se rappeler de cette belle époque, de ce pan de l’histoire de Rodez, alors que l’endroit a aussi été, avant la Révolution, une chartreuse (monastère de l’ordre des chartreux). Ce dimanche, il est encore possible de visiter les 7 ha de cette propriété du conseil départemental qui, le reste de l’année, est entièrement fermée et inoccupée.

L’ancien haras national a eu deux vies. Le domaine a d’abord été une chartreuse (monastère de l’ordre des chartreux), entre 1513 et la Révolution. En 1809, il rentre dans le patrimoine du Département, qui le transforme en haras national. Sous Napoléon 1er, les chevaux destinés à la guerre y sont même élevés. Tout est alors aménagé pour cette nouvelle activité hippique, jusqu’à l’ancienne église, érigée en 1529, qui est transformée en écuries. Pourtant, depuis juillet 2017, plus aucun cheval ni aucune activité ne s’y développe. Pendant les Journées européennes du patrimoine, ce samedi et ce dimanche, le haras rouvre au public.

L

Sous le marronnier – classé arbre remarquable, dont l’âge est estimé à 150 ou 200 ans – dans le manège, dans les champs, dans la carrière entourée de platanes, sur 7 ha, les fantômes des équidés sont partout. Les boxes portent encore leur odeur. Les plaques, qui précisent la quantité d’aliments à leur donner, n’ont pas été décrochées des portes. Près d’une entrée, un tas de paille attend toujours de servir de litière.

Ce marronnier est classé arbre remarquable !

La carrière est orpheline de ses chevaux.

Les plaques des chevaux sont encore accrochées aux portes.

Nostalgie d

La beauté intrinsèque du haras, conjuguée à cet espace vide, emplit le visiteur d’une certaine mélancolie, surtout ceux qui l’ont connu animé, à l’époque où les sabots des chevaux martelaient encore le sol. À l’image de ce père de famille, qui interpelle l’une des agents du conseil départemental, présente ce samedi, pour la sécurité :

Ça manque quand même de chevaux. Ce serait bien qu’il soit ouvert toute l’année. Surtout, il ne faut pas qu’il soit détruit ou annexé par de grands bâtiments.

Le domaine de l’ancien haras a eu deux vie. Souhaitons-lui de vite en connaître une troisième. Rien que pour sa beauté, il le mérite.

Ce dimanche, visite libre du haras, de 14 h à 18 h, rue Eugène-Loup.

Le porche et son cadran solaire.

Une architecture et un aménagement typiquement français.