4real, une vie mixée de Brooklyn à Luc-la-Primaube

4real produit ses sons, chez lui, dans son studio aménagé. ©ADN12

DJ depuis son plus jeune âge, Aurèle Kolingba, 4real de son nom de scène, veut rendre la musique accessible à tout le monde. Après avoir fait ses classes à Montpellier puis à Paris, il part à New York pendant quatre années avant d’arriver en Aveyron.

Aurèle Kolingba, 37 ans, habite à Luc-la-Primaube depuis 2012. Il grandit à Montpellier, ville où il commence à mixer après avoir découvert et écouté Cut Killer, pionnier du scratch. Il enchaîne les soirées puis décide de partir vers la capitale.

J’ai commencé dans le hip-hop. Après avoir fait le tour des boîtes à Montpellier, j’ai eu envie d’aller à Paris.

Là-bas, il se produit dans plusieurs salles de concert, au Man-Ray, mais aussi au Zéntih de Paris, à l’occasion d’un concert « Les Maillons forts du rap », aux côtés de Faya-D, Kerry James, La Fouine… Il participe aussi à la célèbre émission « Planète Rap » sur la radio Skyrock. Perfectionniste et avide de découvertes, 4real n’a pas voulu s’arrêter là :

Je suis parti vivre aux États-Unis, à Brooklyn, où mon banquier était également DJ. Il m’a ouvert les portes de la ville. Et c’est là-bas que j’ai appris à composer des morceaux. Ça a été, pendant quatre ans, une expérience incroyable.

De Brooklyn, 4real est rentré à Montpellier pour des raisons personnelles et a ensuite suivi sa fiancée, originaire de l’Aveyron.

Pendant tout ce cheminement, Aurèle avait l’idée de mixer dans tous les endroits où il était pour, ensuite, rencontrer des artistes et les aider à se développer en composant leurs sons. C’est le type de projets vers lequel il veut dorénavant se tourner.

Je croise beaucoup d’artistes démunis, soit en termes de formation, soit par manque de structures abordables financièrement. Il n’y a pas d’offres adaptées ici. Donc j’essaye de leur apporter des choses qu’ils ne connaissent pas. J’aimerais que les gens se laissent convaincre que les temps changent et qu’ils acceptent de découvrir de nouvelles sonorités.

4real a notamment aidé Adjam, artiste local, à créer son album.  Ce dernier confie : « On a bossé tous les jours pendant cinq mois. Personnellement, je n’aime pas le travail dans les studios mais Aurèle y apporte un côté cool. »

Entouré d’une guitare, d’un sampleur mais aussi d’un clavier, le DJ autodidacte crée des sons et enregistre des maquettes au sein de son studio. Inspiré par Pharell Williams et Kanye West, il a composé et écrit Un nouveau monde.

C’est une musique et une pierre que je voulais apporter à l’édifice du rap. Je me mets à la place d’un journaliste, d’un policier ou d’un rappeur, pour expliquer que l’image qu’on renvoie est très importante et qu’il faut y réfléchir.

Pour 4real et Adjam, l’univers du rap a beaucoup évolué ces dernières années. 

Ça a changé. Mais c’est normal, c’est comme partout, de nouveaux jeunes arrivent avec leurs influences et poussent les anciens dehors. Il faut l’accepter. Ce que je trouve dommageable, c’est l’image que certains acteurs du hip hop peuvent renvoyer.

Aurèle Kolingba pointe du doigt le dernier conflit qui a opposé les deux rappeurs Booba et Kaaris à l’aéroport d’Orly au mois d’août.

C’est préjudiciable pour toutes les personnes qui tournent autour du monde du hip hop.

« Désormais, avec la vie de famille, je pense quitter petit à petit le monde des soirées, qui me correspond moins, et j’espère travailler de plus en plus en studio, pour composer des sons. »

S’il pense quitter le monde de la nuit, il n’exclut pas l’idée de se produire de temps à autres dans des festivals. Mais en attendant de ranger les platines, 4real se produit toujours au bar le Bruit qui court, deux soirs par semaine.